Microéconomie : marchés et prix
Comment les ménages et les entreprises font leurs choix, comment se forment les prix, et pourquoi le marché a parfois besoin d'être corrigé.
Le récit : du juste prix au prix de marché
Ce chapitre ne contient rien à apprendre par cœur. Il raconte d’où vient la façon de penser des économistes, pour que le reste ait un sens.
Pendant des siècles, on a pensé qu’un bien avait un « juste prix », fixé par la morale ou par l’autorité. Au Moyen Âge, les théologiens condamnent le marchand qui profite d’une disette pour vendre son blé plus cher ; les villes réglementent le prix du pain. L’idée qu’un prix puisse naître tout seul de la rencontre entre acheteurs et vendeurs, et qu’il soit utile, n’a rien d’évident.
En 1776, Adam Smith publie La Richesse des nations. Il décrit un boulanger qui ne nous nourrit pas par bienveillance, mais par intérêt : en cherchant son propre gain, il sert celui des autres. C’est la fameuse « main invisible ». Un siècle plus tard, les économistes « marginalistes » (Jevons, Menger, Walras) expliquent que la valeur d’un bien dépend de l’utilité de sa dernière unité, et Alfred Marshall dessine en 1890 les deux courbes, offre et demande, que tu verras dans ce cours.
Le XXe siècle nuance cet enthousiasme. On découvre que les marchés peuvent être dominés par quelques géants, qu’ils ignorent la pollution, et qu’ils fonctionnent mal quand un camp en sait plus que l’autre. La microéconomie moderne n’est donc ni un éloge aveugle du marché, ni sa condamnation : c’est une boîte à outils pour comprendre quand il marche bien, et quand il faut le corriger.
Voilà le fil. Des gens qui font des choix parce que tout est limité, des prix qui résument ces choix, et des cas où ces prix se trompent. Tout le cours déroule cette idée.
Avant de commencer
Comment lire ce cours.
La microéconomie part du bas : un ménage qui fait ses courses, une entreprise qui fixe ses prix, un salarié qui cherche un emploi. Elle regarde comment chacun décide, puis comment ces décisions se rencontrent sur un marché. La macroéconomie, dans le module suivant, fera l’inverse : elle regardera l’économie d’un pays tout entier.
Chaque notion suit le même plan : l’idée en une phrase, pourquoi elle compte, le mécanisme, un exemple, le vocabulaire, les chiffres réels à connaître, ce qu’en disent les économistes, le piège classique, comment s’en servir pour anticiper, et l’essentiel à retenir. Le bouton « en clair » sur chaque bloc donne la même chose avec des mots de tous les jours.
Fil conducteur
Un fil conducteur traverse tout le site : LA BOULANGERIE DE LÉA, à Rennes. Léa, la boulangère ; Karim, son apprenti devenu vendeur ; Tom, son fils étudiant ; son meunier ; sa banquière ; ses clients. Une petite entreprise suffit pour voir presque toute l’économie à l’œuvre : des prix, des salaires, des crédits, des impôts, des exportations.
Partie I — Les marchés et les prix
Comment on choisit, et comment les choix se rencontrent.
A. Le raisonnement économique
Rareté, choix et coût d'opportunitéRareté · Coût d'opportunité · Arbitrage Raisonner à la margeMarginal · Utilité marginale décroissante · Rendements décroissantsB. Le marché
L'offre, la demande et le prix d'équilibreLoi de l'offre et de la demande · Prix d'équilibre · Pénurie L'élasticité : qui réagit, et de combienÉlasticité-prix · Demande inélastique · Incidence fiscale Concurrence, monopole, oligopoleConcurrence parfaite · Monopole · Oligopole · Pouvoir de marchéPartie II — Quand le marché ne suffit pas
Les cas où les prix envoient un mauvais signal.