Concurrence, monopole, oligopole
Fil conducteur
Pour son pain, Léa a cinq concurrents dans le quartier : elle ne peut pas fixer son prix à sa guise. Pour son électricité et ses sacs de farine bio, elle n'a guère le choix du fournisseur.
En une phrase
La structure d’un marché, c’est-à-dire le nombre et la taille des vendeurs, détermine leur POUVOIR DE MARCHÉ : leur capacité à fixer un prix supérieur à leur coût sans perdre tous leurs clients.
Le nombre et la taille des vendeurs sur un marché décident de leur pouvoir : peuvent-ils vendre plus cher que ce que ça leur coûte, sans perdre tous leurs clients ?
Pourquoi c'est important
Plus un marché est concentré, plus les prix risquent d’être élevés et l’innovation lente. C’est la raison d’être du droit de la concurrence et de l’Autorité de la concurrence. Comprendre la structure d’un secteur aide à expliquer ses prix, ses marges et ses réactions aux chocs.
Plus un marché est tenu par peu d’acteurs, plus les prix risquent d’être hauts et l’innovation lente. C’est pour ça qu’existe une autorité chargée de surveiller la concurrence. Connaître la structure d’un secteur aide à comprendre ses prix, ses marges et ses réactions aux crises.
Comment ça marche
- CONCURRENCE PARFAITE : très nombreux vendeurs, produit identique, information complète, libre entrée. Chaque vendeur est « preneur de prix » ; le prix tend vers le coût marginal et les profits exceptionnels disparaissent.
- MONOPOLE : un seul vendeur. Il choisit son prix, produit moins et vend plus cher qu’en concurrence. Certains monopoles sont « naturels » (réseaux) : un seul réseau est moins coûteux que plusieurs.
- OLIGOPOLE : quelques grands vendeurs interdépendants, chacun surveille les réactions des autres. Risque d’entente tacite ou de cartel.
- CONCURRENCE MONOPOLISTIQUE : beaucoup de vendeurs, mais des produits différenciés (marque, localisation, qualité), qui donnent à chacun un petit pouvoir de marché.
- Les barrières à l’entrée (brevets, coûts fixes, réglementation, effets de réseau) protègent le pouvoir de marché des entreprises installées.
- Concurrence parfaite : énormément de vendeurs, un produit identique, tout le monde est bien informé, chacun peut entrer. Personne ne choisit son prix, il tend vers le coût de production et les gros profits disparaissent.
- Monopole : un seul vendeur. Il choisit son prix, produit moins et vend plus cher. Certains monopoles sont « naturels » (réseaux électriques, rails) : un seul réseau coûte moins cher que plusieurs.
- Oligopole : quelques grands vendeurs qui se surveillent entre eux. Risque qu’ils s’entendent, ouvertement ou non.
- Concurrence monopolistique : beaucoup de vendeurs, mais chacun a un produit un peu différent (marque, emplacement, qualité). Cela donne à chacun un petit pouvoir sur son prix.
- Des obstacles (brevets, gros investissements de départ, règles, effets de réseau) empêchent de nouveaux venus d’entrer et protègent ceux qui sont là.
Exemple concret
La baguette de quartier relève de la concurrence monopolistique : chaque boulangerie a sa clientèle et sa recette, mais un écart de prix trop fort fait fuir les clients. La grande distribution alimentaire est un oligopole : six enseignes se partagent l’essentiel du marché, et Léa, pour ses fournitures, négocie face à des centrales d’achat très puissantes.
La baguette de quartier : chaque boulangerie a ses clients et sa recette, mais si elle est beaucoup plus chère, les clients partent. La grande distribution, elle, est aux mains de six enseignes seulement. Et quand Léa achète ses fournitures, elle se retrouve face à des centrales d’achat très puissantes.
Vocabulaire
- Concurrence parfaite : Modèle théorique de marché où aucun agent ne peut influencer le prix.
- Monopole : Marché où un seul vendeur fait face à de nombreux acheteurs.
- Oligopole : Marché dominé par un petit nombre de vendeurs interdépendants.
- Pouvoir de marché : Capacité d’une entreprise à fixer un prix supérieur à son coût marginal de façon durable.
- Entente : Accord, écrit ou tacite, entre concurrents pour limiter la concurrence (fixer les prix, se partager les clients). Interdite et sanctionnée.
- Concurrence parfaite : Un marché idéal où personne ne peut peser sur le prix.
- Monopole : Un seul vendeur face à beaucoup d’acheteurs.
- Oligopole : Un marché tenu par quelques grands vendeurs qui se surveillent.
- Pouvoir de marché : La capacité d’une entreprise à vendre durablement plus cher que ce que lui coûte la dernière unité.
- Entente : Un accord, écrit ou non, entre concurrents pour moins se faire concurrence (fixer les prix, se partager les clients). C’est interdit et puni.
Les chiffres à connaître
- 24,4 %, 21,2 %, 17,6 % : parts de marché de Leclerc, Carrefour et Intermarché dans la grande distribution alimentaire ; les cinq premiers groupes pèsent environ 84,5 % du marché. Rapport du Sénat, 17 juin 2026.
- 379,3 M€ : montant total des sanctions prononcées par l’Autorité de la concurrence en 2025. Autorité de la concurrence, bilan 2025.
- 24,4 %, 21,2 %, 17,6 % : la part du marché des courses alimentaires tenue par Leclerc, Carrefour et Intermarché. Les cinq premiers groupes en tiennent environ 84,5 %. Rapport du Sénat, 17 juin 2026.
- 379,3 M€ : le total des amendes infligées par l’Autorité de la concurrence en 2025. Autorité de la concurrence, bilan 2025.
Ce qu'en disent les économistes
Adam Smith (1776) observait déjà que des marchands d’une même branche se réunissent rarement sans que la conversation finisse en conspiration contre le public. Joseph Schumpeter (1942) nuance : un monopole temporaire, obtenu par l’innovation, est le moteur de la « destruction créatrice » et donc du progrès.
Adam Smith (1776) remarquait déjà que des marchands d’un même métier qui se réunissent finissent souvent par comploter contre les clients. Joseph Schumpeter (1942) nuance : une entreprise qui domine un temps grâce à une invention, c’est ce qui fait avancer l’économie. Il appelle ça la « destruction créatrice ».
Piège / à ne pas confondre
Être gros n’est pas interdit ; c’est l’abus de position dominante et l’entente qui le sont. Et un marché avec peu d’acteurs n’est pas forcément peu concurrentiel : deux entreprises qui se livrent une guerre des prix peuvent être très concurrentielles.
Être gros n’est pas interdit. Ce qui est interdit, c’est d’abuser de sa position dominante, ou de s’entendre avec ses concurrents. Et peu d’acteurs ne veut pas forcément peu de concurrence : deux entreprises en guerre des prix se font une concurrence féroce.
Pour anticiper
Dans un secteur très concentré, les hausses de coûts se répercutent plus vite dans les prix, et les baisses plus lentement (« effet fusée et plume »). Surveille aussi les fusions annoncées : elles modifient la structure d’un marché pour des années.
Dans un secteur tenu par peu d’acteurs, quand les coûts montent, les prix suivent vite. Quand les coûts baissent, les prix baissent lentement. On appelle ça « la fusée et la plume ». Surveille aussi les rachats annoncés : ils changent un marché pour des années.
À retenir
Concurrence parfaite : prix = coût marginal. Monopole : moins de production, prix plus élevé. Oligopole : interdépendance et risque d’entente. Les barrières à l’entrée protègent le pouvoir de marché ; l’abus et l’entente sont sanctionnés.
Beaucoup de vendeurs : le prix colle au coût. Un seul vendeur : moins de produits, plus chers. Quelques vendeurs : ils se surveillent et risquent de s’entendre. Les obstacles à l’entrée protègent les installés. Abuser de sa position ou s’entendre est puni.