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Le marché du travail et les salaires

Partie II — Quand le marché ne suffit pas · B. Un marché pas comme les autres

Fil conducteur

Léa voudrait embaucher un second vendeur. Elle calcule ce que lui coûtera ce poste, charges comprises, et ce qu'il rapportera en ventes supplémentaires le samedi.

En une phrase

Sur le marché du travail, les entreprises demandent du travail tant qu’une heure supplémentaire rapporte plus qu’elle ne coûte ; mais le salaire n’est pas un prix comme un autre : il est encadré par la loi, négocié collectivement, et il fait vivre des ménages.

Pourquoi c'est important

Le salaire est à la fois un revenu (il nourrit la consommation) et un coût (il pèse sur la compétitivité). Ce double visage est au centre des débats sur le SMIC, les cotisations sociales et le pouvoir d’achat. Il détermine aussi la répartition de la valeur ajoutée entre travail et capital.

Comment ça marche

  • La demande de travail vient des entreprises : elle dépend de la PRODUCTIVITÉ du travail et de son COÛT (salaire brut plus cotisations patronales).
  • L’offre de travail vient des ménages : elle dépend du salaire, mais aussi de la démographie, de l’âge de départ à la retraite, des prestations sociales et des préférences.
  • Le salaire minimum (SMIC en France) fixe un plancher. Il protège les bas revenus ; s’il est trop élevé au regard de la productivité des moins qualifiés, il peut réduire leur embauche. D’où les allègements de cotisations sur les bas salaires.
  • Le SALAIRE RÉEL est le salaire nominal corrigé de l’inflation : c’est lui qui mesure le pouvoir d’achat.
  • Sur le long terme, la hausse des salaires réels suit celle de la productivité.

Exemple concret

Un vendeur payé au SMIC coûte à Léa environ 1 867 € brut par mois, plus des cotisations patronales en grande partie allégées à ce niveau de salaire. Si ce vendeur supplémentaire permet de servir 60 clients de plus chaque samedi et d’éviter les files d’attente qui faisaient fuir la clientèle, l’embauche est rentable. Karim, lui, touche environ 1 478 € net : c’est ce qui compte pour son budget.

Vocabulaire

  • Salaire minimum : Rémunération horaire plancher fixée par la loi (SMIC), revalorisée au moins chaque 1er janvier, et automatiquement en cours d’année dès que les prix payés par les ménages modestes ont augmenté d’au moins 2 % depuis la dernière revalorisation.
  • Productivité : Quantité produite par heure ou par personne employée.
  • Coût du travail : Ensemble de ce que paie l’employeur : salaire brut, cotisations patronales, et autres charges liées à l’emploi.
  • Salaire réel : Salaire nominal corrigé de la hausse des prix, mesurant le pouvoir d’achat.

Les chiffres à connaître

  • 12,31 € brut de l’heure, 1 867,02 € brut par mois, environ 1 477,93 € net : SMIC depuis le 1er juin 2026, après une revalorisation automatique de 2,41 % déclenchée par l’inflation. Revalorisation du 1er juin 2026.
  • 8,3 % de chômage au 2e trimestre 2026 (2,7 millions de personnes), en hausse de 0,7 point sur un an ; taux d’emploi des 15-64 ans : 69,0 %. INSEE, août 2026.

Ce qu'en disent les économistes

Pour les néoclassiques, le chômage vient d’un salaire bloqué au-dessus de l’équilibre. David Card et Alan Krueger (1994) montrent pourtant qu’une hausse du salaire minimum dans le New Jersey n’a pas réduit l’emploi dans la restauration rapide, ce qui a relancé le débat (Nobel de Card en 2021). Pour Keynes, le chômage vient d’abord d’une demande insuffisante, pas d’un salaire trop élevé.

Piège / à ne pas confondre

Brut, net et super-brut : le salarié raisonne en net, l’employeur en coût total. Une hausse du SMIC brut ne se traduit donc ni à l’identique sur la fiche de paie, ni à l’identique dans le coût de l’entreprise. Et un salaire nominal qui monte peut cacher un salaire réel qui baisse si l’inflation va plus vite.

Pour anticiper

Surveille l’écart entre hausse des salaires et inflation : s’il est négatif, le pouvoir d’achat recule et la consommation ralentit. C’est ce qui s’est produit au 2e trimestre 2026 (pouvoir d’achat par unité de consommation −0,6 %). Surveille aussi l’intérim et les heures travaillées : ils réagissent avant l’emploi total.

À retenir

Demande de travail = productivité comparée au coût du travail. Salaire = revenu et coût. SMIC : plancher protecteur, débat sur l’emploi peu qualifié. Pouvoir d’achat = salaire réel.

Vérifier que c'est acquis

1 question(s) tirée(s) du quiz de la matière · touches 1 à 4 pour répondre ·

Le salaire de Karim augmente de 2 % sur un an et les prix de 2,4 %. Son salaire réel :

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