L'élasticité : qui réagit, et de combien
Fil conducteur
Léa augmente sa baguette de 10 centimes et ne perd presque aucun client. Elle augmente ses tartes aux fraises d'un euro et les ventes s'effondrent : la pâtisserie d'à côté en fait d'aussi bonnes.
En une phrase
L’ÉLASTICITÉ mesure la sensibilité d’une quantité à la variation d’un prix ou d’un revenu : c’est le pourcentage de variation de la quantité divisé par le pourcentage de variation du prix.
L’élasticité mesure à quel point les acheteurs réagissent quand le prix change. On compare le pourcentage de variation des ventes à celui du prix.
Pourquoi c'est important
Toutes les demandes ne réagissent pas pareil. Savoir si une demande est élastique dit à une entreprise si une hausse de prix augmentera ou diminuera son chiffre d’affaires, et à l’État qui supportera réellement une taxe. C’est aussi ce qui explique pourquoi une petite baisse de production de pétrole fait exploser son prix.
Tout le monde ne réagit pas pareil. Savoir si les acheteurs sont sensibles au prix dit à une entreprise si une hausse va faire monter ou baisser son chiffre d’affaires. Et dit à l’État qui paiera vraiment une taxe. C’est aussi pour ça qu’un petit manque de pétrole fait exploser son prix.
Comment ça marche
- Élasticité-prix = (variation en % de la quantité demandée) ÷ (variation en % du prix). Elle est normalement négative ; on raisonne souvent sur sa valeur absolue.
- Valeur absolue supérieure à 1 : demande ÉLASTIQUE, les acheteurs réagissent fortement ; une hausse de prix fait baisser la recette totale.
- Valeur absolue inférieure à 1 : demande INÉLASTIQUE ; une hausse de prix fait augmenter la recette totale.
- Une demande est d’autant moins élastique que le bien est nécessaire, sans substitut proche, et qu’il pèse peu dans le budget ; elle devient plus élastique à long terme, quand les acheteurs ont le temps de s’adapter.
- L’INCIDENCE FISCALE : une taxe est supportée surtout par le côté du marché le moins élastique, quel que soit celui qui la verse au fisc.
- Élasticité-prix = (variation en % des ventes) ÷ (variation en % du prix). Elle est en général négative, car quand le prix monte, on achète moins. On regarde surtout sa taille.
- Plus grande que 1 : les acheteurs réagissent fort. Monter le prix fait baisser l’argent encaissé.
- Plus petite que 1 : les acheteurs réagissent peu. Monter le prix fait augmenter l’argent encaissé.
- Les gens réagissent peu quand le produit est indispensable, n’a pas de remplaçant et pèse peu dans le budget. Ils réagissent plus avec le temps, quand ils trouvent d’autres solutions.
- Qui paie vraiment une taxe ? Surtout ceux qui ne peuvent pas s’en passer, peu importe qui la verse à l’État.
Exemple concret
Baguette : +10 % de prix, −2 % de ventes. Élasticité de −0,2 : demande inélastique, la recette de Léa augmente d’environ 8 %. Tarte aux fraises : +20 % de prix, −40 % de ventes. Élasticité de −2 : demande élastique, la recette chute d’environ 28 %. Même boutique, même clientèle, deux comportements opposés.
La baguette : prix +10 %, ventes −2 %. Élasticité de −0,2 : les clients réagissent peu, et Léa encaisse environ 8 % de plus. La tarte aux fraises : prix +20 %, ventes −40 %. Élasticité de −2 : les clients réagissent fort, et Léa encaisse environ 28 % de moins. Même boutique, mêmes clients, deux réactions opposées.
Vocabulaire
- Élasticité-prix : Rapport entre la variation relative de la quantité demandée et la variation relative du prix.
- Demande inélastique : Demande peu sensible au prix (valeur absolue de l’élasticité inférieure à 1) : carburant, tabac, médicaments à court terme.
- Élasticité-revenu : Sensibilité de la demande au revenu. Supérieure à 1 pour les biens de luxe, négative pour les biens « inférieurs » que l’on délaisse quand on s’enrichit.
- Incidence fiscale : Répartition effective du poids d’une taxe entre acheteurs et vendeurs, qui dépend de leurs élasticités.
- Élasticité-prix : Le rapport entre la variation des ventes en % et la variation du prix en %.
- Demande inélastique : Une demande qui bouge peu quand le prix change : carburant, tabac, médicaments à court terme.
- Élasticité-revenu : À quel point on achète plus quand on gagne plus. Beaucoup plus pour le luxe. Moins pour certains produits qu’on abandonne quand on s’enrichit.
- Incidence fiscale : Qui supporte vraiment le poids d’une taxe, acheteurs ou vendeurs. Cela dépend de qui peut le moins s’en passer.
Les chiffres à connaître
- + 16,7 % : hausse sur un an des prix de l’énergie en France en août 2026, alors que l’inflation d’ensemble n’était que de 2,4 % : la demande d’énergie, peu élastique à court terme, laisse passer les chocs de prix. INSEE, août 2026.
- 5,4 millions de voitures d’occasion vendues en France en 2025, contre 1,63 million de voitures neuves : face au prix élevé du neuf, les ménages se reportent sur un substitut. AAA Data, bilan 2025.
- + 16,7 % : la hausse en un an des prix de l’énergie en France en août 2026, alors que les prix en général n’ont monté que de 2,4 %. On ne peut pas vite se passer d’énergie, donc les hausses passent. INSEE, août 2026.
- 5,4 millions de voitures d’occasion vendues en France en 2025, contre 1,63 million de voitures neuves. Le neuf est cher, donc on se rabat sur l’occasion. AAA Data, bilan 2025.
Ce qu'en disent les économistes
Alfred Marshall formalise l’élasticité en 1890. Le « paradoxe de King », observé dès le XVIIe siècle, en découle : une mauvaise récolte peut enrichir les agriculteurs, car la demande de blé est si inélastique que la hausse du prix compense largement la baisse des volumes.
Alfred Marshall décrit l’élasticité en 1890. Un vieux constat, le « paradoxe de King », en découle : une mauvaise récolte peut enrichir les paysans. Les gens ont toujours besoin de blé, donc le prix monte tellement qu’il compense les quantités perdues.
Piège / à ne pas confondre
Pente et élasticité ne sont pas la même chose : l’élasticité raisonne en pourcentages, et une même droite de demande est élastique en haut et inélastique en bas. Autre piège : taxer « les entreprises » ne veut pas dire qu’elles paieront. Si leurs clients sont captifs, la taxe sera reportée dans les prix.
La pente d’une courbe et l’élasticité, ce n’est pas pareil. L’élasticité se calcule en pourcentages, et une même droite peut être très sensible en haut et peu sensible en bas. Autre piège : taxer « les entreprises » ne veut pas dire qu’elles paieront. Si leurs clients n’ont pas le choix, la taxe finira dans les prix.
Pour anticiper
Quand une taxe nouvelle est annoncée (sur les carburants, les billets d’avion, les sodas), demande-toi qui peut l’éviter. Les acheteurs sans alternative la paieront. Et devant un choc sur un bien essentiel peu élastique (énergie, alimentation de base), attends-toi à des hausses de prix fortes et rapides, puis à une adaptation plus lente des comportements.
Quand une nouvelle taxe est annoncée (sur les carburants, l’avion, les sodas), demande-toi qui peut l’éviter. Ceux qui n’ont pas d’autre choix la paieront. Et quand un produit indispensable est touché (énergie, alimentation de base), attends-toi à des hausses de prix fortes et rapides. Les gens changent leurs habitudes ensuite, plus lentement.
À retenir
Élasticité = % quantité ÷ % prix. Au-delà de 1 en valeur absolue : élastique, hausse de prix = baisse de recette. En dessous : inélastique, hausse de prix = hausse de recette. La taxe pèse sur le côté le moins élastique.
L’élasticité compare la variation des ventes à celle du prix. Plus que 1 : les clients fuient, monter le prix fait perdre de l’argent. Moins que 1 : ils restent, monter le prix en fait gagner. Une taxe retombe sur ceux qui ne peuvent pas s’en passer.