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Les politiques conjoncturelles

Partie III — Les politiques économiques · A. Les mécanismes

Fil conducteur

Quand l'activité ralentit, Léa entend deux discours à la radio : « il faut relancer » et « il faut réduire le déficit ». Les deux ont leurs raisons.

En une phrase

Les politiques conjoncturelles cherchent à stabiliser l’activité et les prix à court terme ; elles utilisent le budget de l’État (POLITIQUE BUDGÉTAIRE) et les taux d’intérêt de la banque centrale (POLITIQUE MONÉTAIRE), dont la combinaison forme le POLICY MIX.

Pourquoi c'est important

Ce sont les décisions économiques qui font l’actualité : plan de relance, budget de rigueur, hausse ou baisse des taux. Comprendre leur logique permet de prévoir leurs effets, et de comprendre pourquoi elles sont si difficiles quand un choc fait à la fois ralentir l’activité et monter les prix.

Comment ça marche

  • POLITIQUE BUDGÉTAIRE : augmenter les dépenses ou baisser les impôts pour soutenir la demande (relance), ou l’inverse pour la freiner et réduire le déficit (rigueur). En France, elle est décidée par le Parlement dans la loi de finances.
  • Les STABILISATEURS AUTOMATIQUES jouent sans décision : en récession, les recettes fiscales baissent et les allocations chômage augmentent, ce qui amortit le choc.
  • POLITIQUE MONÉTAIRE : la banque centrale baisse ses taux pour encourager le crédit et la dépense, ou les monte pour freiner l’inflation. Dans la zone euro, elle est confiée à la BCE, indépendante, et unique pour les vingt et un pays membres.
  • Face à un choc de demande, les deux politiques vont dans le même sens. Face à un choc d’offre (flambée de l’énergie), il y a un dilemme : combattre l’inflation aggrave le ralentissement, soutenir l’activité entretient l’inflation.
  • Les politiques structurelles (formation, concurrence, fiscalité, marché du travail) agissent sur le long terme et sur la croissance potentielle.

Exemple concret

2026 illustre le dilemme d’un choc d’offre. Le pétrole flambe : l’inflation de la zone euro repart et la croissance ralentit. La BCE choisit de lutter contre l’inflation et relève ses taux de 0,25 point le 10 septembre 2026. Au même moment, la France, dont le déficit reste à plus de 5 % du PIB, n’a guère de marge pour relancer par le budget. Pour Léa, cela signifie un crédit plus cher et des clients qui dépensent moins.

Vocabulaire

  • Politique budgétaire : Utilisation des dépenses et des recettes publiques pour influencer l’activité économique.
  • Politique monétaire : Action de la banque centrale sur les taux d’intérêt et la quantité de monnaie pour assurer la stabilité des prix.
  • Policy mix : Combinaison des politiques budgétaire et monétaire.
  • Stabilisateurs automatiques : Mécanismes budgétaires qui amortissent spontanément les fluctuations (impôts progressifs, allocations chômage).

Les chiffres à connaître

  • 2,50 % : taux de la facilité de dépôt de la BCE à compter du 16 septembre 2026, après une hausse de 0,25 point décidée le 10 septembre. BCE, 10 septembre 2026.
  • 5,1 % du PIB : déficit public de la France en 2025 (152,5 Md€), au-dessus de la limite européenne de 3 %. INSEE, mars 2026.
  • 21 pays partagent l’euro et la même politique monétaire depuis l’entrée de la Bulgarie le 1er janvier 2026. Banque de France.

Ce qu'en disent les économistes

Pour Keynes et les keynésiens, l’État doit stabiliser activement l’économie. Pour les monétaristes (Friedman) et la « nouvelle économie classique » (Lucas, Nobel 1995), les politiques discrétionnaires sont inefficaces ou nocives, car les agents les anticipent ; mieux vaut des règles stables. Robert Mundell (Nobel 1999) montre que, en changes fixes et capitaux mobiles, la politique budgétaire est plus efficace que la politique monétaire nationale, qui devient impuissante.

Piège / à ne pas confondre

Un pays de la zone euro ne décide pas de ses taux d’intérêt : son seul levier conjoncturel national est le budget. Et « relance » ne veut pas dire « dépense publique » uniquement : une baisse d’impôts ou de cotisations est aussi une politique budgétaire expansive.

Pour anticiper

Les dates à suivre : les réunions de politique monétaire de la BCE (toutes les six semaines environ), la présentation du projet de loi de finances à l’automne, et les avis du Haut Conseil des finances publiques. Quand budget et taux se durcissent en même temps, comme en 2026, le frein sur l’activité est maximal.

À retenir

Deux leviers : budget (gouvernement et Parlement) et taux (BCE). Relance ou rigueur. Stabilisateurs automatiques. Choc de demande : pas de dilemme ; choc d’offre : arbitrage entre inflation et activité.

Vérifier que c'est acquis

1 question(s) tirée(s) du quiz de la matière · touches 1 à 4 pour répondre ·

Face à un choc d'offre qui fait monter l'inflation et baisser l'activité, la banque centrale :

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