Tous les « À retenir » du cours, dans l'ordre du plan : l'essentiel à garder sous la main.
Le circuit économique et les agents
Partie I — Mesurer l'économie · A. Une vue d'ensemble
Fil conducteur
L'euro que Mme Le Goff dépense pour sa baguette devient une recette pour Léa, qui paie le salaire de Karim, qui fait ses courses, qui paient d'autres salaires. Et une partie file en impôts, en épargne ou vers l'étranger.
En une phrase
L’économie d’un pays peut se représenter comme un CIRCUIT de flux réels (biens, services, travail) et de flux monétaires (salaires, dépenses, impôts, crédits) entre quelques grandes catégories d’agents.
On peut voir l’économie d’un pays comme un grand circuit. Des biens, des services et du travail circulent dans un sens ; de l’argent circule dans l’autre (salaires, achats, impôts, crédits). Et ce, entre quelques grands types d’acteurs.
Pourquoi c'est important
Ce schéma est la charpente de toute la macroéconomie. Il montre qu’une dépense est toujours un revenu pour quelqu’un : si tout le monde épargne en même temps, les revenus de tous baissent. C’est aussi la logique de la comptabilité nationale, d’où viennent le PIB, le déficit ou le taux d’épargne.
Ce schéma est la base de toute la macroéconomie. Il montre qu’une dépense est toujours le revenu de quelqu’un d’autre. Si tout le monde économise en même temps, tout le monde gagne moins. C’est aussi la logique des grands comptes du pays, d’où sortent le PIB, le déficit ou l’épargne.
Comment ça marche
Les MÉNAGES consomment, offrent leur travail et épargnent.
Les ENTREPRISES (sociétés non financières) produisent des biens et services marchands, versent des salaires et investissent.
Les ADMINISTRATIONS PUBLIQUES (État, collectivités locales, Sécurité sociale) prélèvent des impôts et cotisations, et fournissent des services non marchands et des prestations.
Les institutions financières (banques, assurances) collectent l’épargne et accordent des crédits : elles relient ceux qui ont trop d’argent à ceux qui en manquent.
Le RESTE DU MONDE achète nos exportations et nous vend nos importations.
L’égalité comptable fondamentale : ce qui est produit est soit consommé, soit investi, soit exporté, net des importations.
Les ménages : ils consomment, travaillent et mettent de l’argent de côté.
Les entreprises : elles produisent, versent des salaires et investissent.
Les administrations publiques (État, collectivités, Sécurité sociale) : elles prélèvent impôts et cotisations, et fournissent des services gratuits et des aides.
Les banques et assurances : elles collectent l’épargne et prêtent. Elles relient ceux qui ont trop d’argent à ceux qui en manquent.
Le reste du monde : il achète ce qu’on exporte et nous vend ce qu’on importe.
La règle de base : tout ce qui est produit est soit consommé, soit investi, soit vendu à l’étranger, moins ce qu’on a acheté à l’étranger.
Le circuit économique entre les agents. Chaque flèche est un flux d'argent : consommation, salaires, impôts, prestations, épargne, crédits, échanges avec l'étranger. La dépense des uns est toujours le revenu des autres.
Exemple concret
Léa vend 1 000 € de pain dans la journée. Ces 1 000 € se répartissent : la farine du meunier, l’électricité, le salaire de Karim, les cotisations et la TVA pour les administrations, les intérêts de son prêt pour la banque, et ce qui reste est son revenu. Aucun euro ne disparaît : chacun devient la recette de quelqu’un d’autre ou de l’épargne.
Léa vend 1 000 € de pain dans la journée. Cet argent se répartit : la farine du meunier, l’électricité, le salaire de Karim, les cotisations et la TVA pour l’État et la Sécurité sociale, les intérêts du prêt pour la banque. Ce qui reste est pour elle. Aucun euro ne disparaît : chacun devient le revenu de quelqu’un d’autre, ou de l’épargne.
Vocabulaire
Agents économiques : Individus ou organisations qui prennent des décisions économiques ; la comptabilité nationale les regroupe en SECTEURS INSTITUTIONNELS.
Circuit économique : Représentation de l’économie comme un ensemble de flux réels et monétaires entre agents.
Secteurs institutionnels : En France : sociétés non financières, sociétés financières, administrations publiques, ménages, institutions sans but lucratif au service des ménages, et reste du monde.
Agents économiques : Les personnes ou organisations qui prennent des décisions économiques. On les range en grands groupes, les secteurs institutionnels.
Circuit économique : L’économie vue comme des circulations de biens et d’argent entre ces acteurs.
Secteurs institutionnels : En France : les entreprises, les banques et assurances, les administrations publiques, les ménages, les associations au service des ménages, et le reste du monde.
Les chiffres à connaître
2 991,1 Md€ : PIB de la France en 2025, la valeur de tout ce qui a circulé comme production finale dans le circuit. INSEE, comptes de la Nation 2025.
57,2 % du PIB : poids des dépenses publiques en 2025 ; les administrations sont un acteur central du circuit français. INSEE, mars 2026.
69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026. INSEE, bilan démographique 2025.
2 991,1 Md€ : le PIB de la France en 2025, soit la valeur de tout ce qui a été produit dans l’année. INSEE, comptes de la Nation 2025.
57,2 % du PIB : ce que pèsent les dépenses publiques en 2025. L’État et la Sécurité sociale tiennent une grande place dans le circuit français. INSEE, mars 2026.
69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026. INSEE, bilan démographique 2025.
Ce qu'en disent les économistes
François Quesnay, médecin de Louis XV, dessine en 1758 le premier circuit économique, le « Tableau économique », sur le modèle de la circulation du sang. Keynes, en 1936, en tire le « paradoxe de l’épargne » : si chacun épargne davantage pour se protéger, la demande baisse, les revenus aussi, et l’épargne totale peut ne pas augmenter.
François Quesnay, médecin de Louis XV, dessine en 1758 le premier circuit économique, sur le modèle de la circulation du sang. Keynes, en 1936, en tire le « paradoxe de l’épargne » : si chacun économise plus par prudence, les achats baissent, donc les revenus aussi. Au final, l’épargne totale peut ne pas augmenter.
Piège / à ne pas confondre
Ce qui est vrai pour un agent ne l’est pas forcément pour tous (sophisme de composition). Un ménage qui réduit ses dépenses améliore sa situation ; si tous le font en même temps, l’économie ralentit et la situation de chacun peut se dégrader.
Ce qui est vrai pour une personne ne l’est pas forcément pour tout le monde. Un ménage qui dépense moins améliore ses comptes. Si tous le font en même temps, l’économie ralentit et tout le monde peut y perdre.
Pour anticiper
Une hausse du taux d’épargne des ménages est un signal de prudence : elle annonce souvent une consommation faible. À l’inverse, une baisse brutale peut signaler que les ménages puisent dans leurs réserves pour maintenir leur niveau de vie, ce qui ne dure pas.
Si les ménages épargnent plus, c’est qu’ils ont peur de l’avenir : ils vont consommer moins. S’ils épargnent soudain beaucoup moins, c’est parfois qu’ils puisent dans leurs réserves pour tenir. Ça ne peut pas durer longtemps.
À retenir
Ménages, entreprises, administrations, institutions financières, reste du monde. Toute dépense est un revenu. Production = consommation + investissement + exportations − importations.
Cinq grands acteurs : ménages, entreprises, administrations, banques, étranger. Chaque dépense est le revenu de quelqu’un. Ce qu’on produit est consommé, investi ou exporté, moins ce qu’on importe.
Le PIB : mesurer la production
Partie I — Mesurer l'économie · A. Une vue d'ensemble
Fil conducteur
Le meunier vend sa farine 300 € à Léa, qui en fait du pain vendu 1 000 €. Qu'a-t-on produit en tout : 1 300 € ou 1 000 € ?
En une phrase
Le PRODUIT INTÉRIEUR BRUT mesure la valeur de tous les biens et services finals produits sur le territoire en un an ; il s’obtient en additionnant les valeurs ajoutées pour ne pas compter deux fois les consommations intermédiaires.
Le PIB mesure la valeur de tout ce qui est produit dans le pays en un an. On additionne seulement ce que chaque entreprise ajoute, pour ne pas compter deux fois la même chose.
Pourquoi c'est important
Le PIB est l’indicateur le plus suivi : sa variation, la « croissance », guide les décisions des gouvernements, des banques centrales et des entreprises. Presque tous les autres ratios (dette, déficit, dépenses publiques) sont exprimés en pourcentage du PIB. Il faut donc savoir ce qu’il mesure, et ce qu’il ne mesure pas.
Le PIB est le chiffre le plus regardé. Sa hausse, c’est « la croissance ». Elle guide les décisions de l’État, de la banque centrale et des entreprises. Presque tous les autres chiffres (dette, déficit, dépenses publiques) sont donnés en pourcentage du PIB. Il faut donc savoir ce qu’il compte, et ce qu’il oublie.
Comment ça marche
VALEUR AJOUTÉE = production − consommations intermédiaires. PIB = somme des valeurs ajoutées + impôts sur les produits (TVA, droits de douane) − subventions sur les produits.
Trois approches donnent le même résultat : par la production (valeurs ajoutées), par la demande (consommation + investissement + exportations − importations), par les revenus (salaires + profits + impôts nets de subventions).
PIB en VALEUR (à prix courants) : il monte si les prix montent. PIB en VOLUME (à prix constants) : l’effet des prix est retiré. La « croissance » se mesure en volume.
Le PIB par habitant rapporte la production à la population ; en parité de pouvoir d’achat, il corrige les différences de prix entre pays.
Limites : le PIB ignore le travail domestique et bénévole, l’épuisement des ressources, les pollutions, la répartition des revenus. Il mesure une production, pas un bien-être.
Ce qu’une entreprise ajoute, c’est ce qu’elle vend moins ce qu’elle a acheté pour produire. Le PIB, c’est la somme de ces ajouts, plus la TVA et les droits de douane, moins les subventions sur les produits.
On peut le calculer de trois façons et trouver le même chiffre : en additionnant ce que chacun ajoute ; en additionnant ce qui est acheté (consommation, investissement, exportations moins importations) ; en additionnant les revenus (salaires, profits, impôts moins subventions).
Le PIB « en valeur » grimpe aussi quand les prix montent. Le PIB « en volume » retire l’effet des prix. La croissance se mesure en volume.
Le PIB par habitant divise la production par le nombre d’habitants. On peut aussi le corriger des différences de prix entre pays.
Ce qu’il oublie : le travail à la maison et le bénévolat, les ressources naturelles épuisées, la pollution, le partage des revenus. Il mesure ce qu’on produit, pas si on vit bien.
Exemple concret
Le meunier produit 300 € de farine à partir de 100 € de blé : il ajoute 200 €. L’agriculteur, sans achat pour simplifier, ajoute 100 €. Léa transforme 300 € de farine en 1 000 € de pain : elle ajoute 700 €. Somme des valeurs ajoutées : 100 + 200 + 700 = 1 000 €, soit exactement la valeur du produit final. Additionner les chiffres d’affaires (1 400 €) aurait compté le blé trois fois.
L’agriculteur produit 100 € de blé (disons sans rien acheter) : il ajoute 100 €. Le meunier en fait 300 € de farine : il ajoute 200 €. Léa en fait 1 000 € de pain : elle ajoute 700 €. Total des ajouts : 100 + 200 + 700 = 1 000 €, exactement le prix du pain final. Additionner tous les chiffres de ventes (1 400 €) aurait compté le blé trois fois.
Vocabulaire
Produit intérieur brut : Valeur des biens et services finals produits sur le territoire national pendant une période, par des unités résidentes. « Brut » : avant déduction de l’usure du capital.
Valeur ajoutée : Production moins consommations intermédiaires ; richesse réellement créée par une unité de production.
Volume et valeur : Le PIB en valeur est calculé aux prix de l’année ; en volume, aux prix d’une année de référence, pour isoler l’évolution des quantités.
PIB par habitant : PIB divisé par la population ; indicateur grossier du niveau de vie moyen.
Produit intérieur brut : La valeur de tout ce qui est produit dans le pays pendant une période. « Brut » veut dire qu’on ne retire pas l’usure des machines.
Valeur ajoutée : Ce qu’une entreprise vend moins ce qu’elle a acheté pour produire. C’est la richesse qu’elle crée vraiment.
Volume et valeur : En valeur, on compte avec les prix de l’année. En volume, on retire l’effet de la hausse des prix, pour voir si on produit vraiment plus.
PIB par habitant : Le PIB divisé par le nombre d’habitants. Une idée approximative du niveau de vie moyen.
Les chiffres à connaître
2 991,1 Md€ : PIB de la France en 2025, soit un peu plus de 43 000 € par habitant. INSEE, comptes de la Nation 2025.
+ 0,9 % : croissance du PIB en volume en 2025 (corrigée des jours ouvrables). En valeur, + 2,0 %. INSEE, comptes de la Nation 2025.
− 0,2 % puis 0,0 % : évolution trimestrielle du PIB au 1er puis au 2e trimestre 2026. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
2 991,1 Md€ : le PIB de la France en 2025, soit un peu plus de 43 000 € par habitant. INSEE, comptes de la Nation 2025.
+ 0,9 % : la croissance de la production en 2025, hausse des prix retirée. Avec les prix, + 2,0 %. INSEE, comptes de la Nation 2025.
− 0,2 % puis 0,0 % : l’évolution du PIB au 1er puis au 2e trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
Ce qu'en disent les économistes
Simon Kuznets, qui a conçu la comptabilité nationale américaine dans les années 1930, avertissait déjà que le bien-être d’une nation ne peut guère se déduire d’une mesure du revenu national. En 2009, le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi, commandé par la France, recommande de compléter le PIB par des indicateurs de bien-être, d’inégalités et de soutenabilité.
Simon Kuznets, qui a inventé ces comptes aux États-Unis dans les années 1930, prévenait déjà qu’on ne peut pas juger du bien-être d’un pays avec son seul revenu. En 2009, un rapport commandé par la France à Stiglitz, Sen et Fitoussi recommande d’ajouter au PIB des mesures du bien-être, des inégalités et de l’environnement.
Piège / à ne pas confondre
Ne pas confondre une baisse du PIB et une baisse de la croissance : si la croissance passe de 2 % à 1 %, le PIB continue d’augmenter, mais moins vite. Et un PIB en valeur qui monte de 2 % avec 1 % d’inflation ne correspond qu’à environ 1 % de croissance réelle.
« La croissance baisse » ne veut pas dire que le PIB baisse. Si la croissance passe de 2 % à 1 %, le PIB monte toujours, mais moins vite. Et si le PIB en valeur monte de 2 % avec 1 % de hausse des prix, on n’a produit qu’environ 1 % de plus.
Pour anticiper
Le PIB trimestriel est publié par l’INSEE environ 30 jours après la fin du trimestre (première estimation), puis révisé. Deux trimestres de baisse consécutifs sont souvent qualifiés de « récession technique ». Regarde aussi la composition de la croissance : une croissance tirée par les stocks ou par un rebond ponctuel des exportations est plus fragile qu’une croissance tirée par la consommation et l’investissement.
L’INSEE publie un premier chiffre du PIB environ un mois après la fin de chaque trimestre, puis le corrige. Deux trimestres de baisse de suite, on parle souvent de « récession technique ». Regarde aussi d’où vient la croissance : si elle vient des stocks ou d’un rebond ponctuel des exportations, elle est plus fragile que si elle vient de la consommation et de l’investissement.
À retenir
PIB = somme des valeurs ajoutées (+ impôts − subventions sur les produits). Trois optiques : production, demande, revenus. Croissance = variation du PIB en volume. Le PIB mesure la production, pas le bien-être.
Le PIB additionne ce que chaque entreprise ajoute. On peut le calculer par la production, par les achats ou par les revenus. La croissance, c’est sa hausse une fois les prix retirés. Il mesure ce qu’on produit, pas si on vit bien.
La croissance et ses sources
Partie II — Croissance et fluctuations · A. Le long terme
Fil conducteur
Il y a trente ans, une boulangerie comme celle de Léa produisait moins de pain par heure : pas de pétrin moderne, pas de four programmable, pas de logiciel de caisse. C'est ce genre de progrès qui, cumulé, enrichit un pays.
En une phrase
À long terme, la croissance d’une économie dépend de trois choses : la quantité de travail, la quantité de capital et, surtout, l’efficacité avec laquelle on les combine, portée par le PROGRÈS TECHNIQUE.
À long terme, un pays s’enrichit de trois façons : plus de gens au travail, plus de machines, et surtout une meilleure façon de s’en servir, grâce aux progrès techniques.
Pourquoi c'est important
Un écart de croissance qui paraît minime change tout sur une génération : à 2 % par an, le PIB double en 35 ans ; à 1 %, en 70 ans. La croissance de long terme finance les retraites, la santé, la transition écologique et le remboursement des dettes. C’est la question économique la plus importante, et la plus difficile.
Une petite différence de croissance change tout sur une vie. À 2 % par an, la production double en 35 ans. À 1 %, il faut 70 ans. C’est la croissance qui paie les retraites, la santé, la transition écologique et les dettes. C’est la question la plus importante en économie, et la plus difficile.
Comment ça marche
Croissance = contribution du TRAVAIL (population active, heures) + contribution du CAPITAL (machines, bâtiments, logiciels) + PRODUCTIVITÉ GLOBALE DES FACTEURS.
Les rendements du capital sont décroissants : accumuler des machines ne suffit pas à croître indéfiniment. Seul le progrès technique permet une croissance durable du niveau de vie.
Le CAPITAL HUMAIN (éducation, formation, santé) rend le travail plus productif.
Les institutions comptent : droits de propriété, stabilité juridique, concurrence, qualité de l’administration.
La CROISSANCE POTENTIELLE est celle que l’économie peut atteindre durablement sans tensions inflationnistes. En France, elle a nettement ralenti depuis les années 1970, avec la productivité.
La croissance vient de trois sources : plus de travail (plus d’actifs, plus d’heures), plus de capital (machines, bâtiments, logiciels), et une meilleure efficacité de l’ensemble.
Ajouter toujours plus de machines rapporte de moins en moins. Seul le progrès technique permet de s’enrichir durablement.
Le capital humain (études, formation, santé) rend chaque travailleur plus productif.
Les règles comptent aussi : droit de propriété, justice fiable, concurrence, administration efficace.
La croissance potentielle, c’est la vitesse que l’économie peut tenir longtemps sans faire flamber les prix. En France, elle a beaucoup ralenti depuis les années 1970, en même temps que la productivité.
Exemple concret
Léa remplace son vieux four par un four à sole programmable : même personnel, mais 20 % de fournées en plus par jour et moins de pertes. Karim suit une formation de pâtissier : il peut produire des gâteaux à plus forte valeur ajoutée. Ni l’une ni l’autre ne travaillent plus d’heures, mais la valeur ajoutée par heure augmente. Multipliée par des millions d’entreprises, c’est la croissance de la productivité.
Léa remplace son vieux four par un four programmable : même équipe, mais 20 % de fournées en plus par jour et moins de pertes. Karim suit une formation de pâtissier : il peut faire des gâteaux qui rapportent plus. Aucun des deux ne travaille plus longtemps, mais chaque heure rapporte plus. Répété dans des millions d’entreprises, c’est ça, la hausse de la productivité.
Vocabulaire
Croissance potentielle : Rythme de croissance soutenable à moyen terme, compte tenu des facteurs de production disponibles, sans accélération de l’inflation.
Productivité globale des facteurs : Part de la croissance qui n’est expliquée ni par le travail ni par le capital (le « résidu de Solow ») ; elle mesure le progrès technique et organisationnel.
Capital humain : Ensemble des connaissances, compétences et de la santé qui rendent une personne productive.
Progrès technique : Amélioration des procédés, des produits et de l’organisation permettant de produire plus ou mieux avec les mêmes ressources.
Croissance potentielle : La croissance qu’un pays peut tenir durablement avec ses moyens, sans faire flamber les prix.
Productivité globale des facteurs : La part de la croissance qui ne vient ni de plus de travail ni de plus de machines. C’est le progrès technique et la meilleure organisation.
Capital humain : Les connaissances, les savoir-faire et la santé qui rendent une personne productive.
Progrès technique : Tout ce qui permet de produire plus ou mieux avec les mêmes moyens : nouvelles machines, nouveaux produits, meilleure organisation.
Les chiffres à connaître
≈ 5 % par an : croissance moyenne de la France pendant les Trente Glorieuses (1945-1975), portée par la reconstruction, le rattrapage technologique et l’exode rural. INSEE, séries longues.
+ 0,9 % en 2025 et + 0,4 % prévu pour 2026 : la croissance française récente, bien en dessous de ce rythme. INSEE, comptes 2025 et Note de conjoncture de septembre 2026.
70 ÷ taux de croissance : nombre approximatif d’années pour doubler (règle de 70). À 1 %, 70 ans ; à 2 %, 35 ans. Règle de calcul.
≈ 5 % par an : la croissance moyenne de la France pendant les Trente Glorieuses (1945-1975), grâce à la reconstruction, au rattrapage technique et au départ des campagnes vers les villes. INSEE, séries longues.
+ 0,9 % en 2025 et + 0,4 % prévu pour 2026 : la croissance française récente, bien plus faible. INSEE, comptes 2025 et Note de conjoncture de septembre 2026.
70 ÷ taux de croissance : le nombre d’années qu’il faut, à peu près, pour doubler. À 1 %, 70 ans ; à 2 %, 35 ans. Règle de calcul.
Ce qu'en disent les économistes
Robert Solow (1956) montre que l’accumulation de capital seule ne peut pas soutenir la croissance : le progrès technique est déterminant, mais son modèle ne l’explique pas. Paul Romer (Nobel 2018) le rend « endogène » : les idées, non rivales, se diffusent et s’accumulent grâce à la recherche et à l’éducation. Philippe Aghion (Nobel 2025, avec Peter Howitt et Joel Mokyr) modélise la croissance par la destruction créatrice de Schumpeter.
Robert Solow (1956) montre qu’accumuler des machines ne suffit pas à croître longtemps : il faut du progrès technique, mais son modèle ne dit pas d’où il vient. Paul Romer (prix Nobel 2018) explique que les idées, que tout le monde peut utiliser en même temps, s’accumulent grâce à la recherche et à l’école. Philippe Aghion (prix Nobel 2025, avec Peter Howitt et Joel Mokyr) décrit la croissance comme un remplacement permanent des vieilles entreprises par des plus innovantes.
Piège / à ne pas confondre
Croissance et développement ne sont pas synonymes : le développement inclut santé, éducation, institutions et répartition. Et une croissance forte une année (rebond après une crise) ne dit rien de la croissance potentielle, qui se juge sur longue période.
Croissance et développement, ce n’est pas pareil : le développement inclut aussi la santé, l’éducation, les institutions et le partage des richesses. Et une forte croissance sur un an (un rebond après une crise) ne dit rien de la vitesse de long terme.
Pour anticiper
Les grands déterminants de la croissance future sont lents mais prévisibles : démographie (la population active française va peu augmenter), niveau d’éducation, investissement en recherche, diffusion des nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle. Une révolution technologique met souvent des années avant de se voir dans les chiffres de productivité.
Ce qui fera la croissance future bouge lentement, mais se prévoit : la démographie (le nombre d’actifs en France va peu augmenter), le niveau d’études, la recherche, la diffusion de technologies comme l’intelligence artificielle. Une révolution technique met souvent des années avant de se voir dans les chiffres.
À retenir
Croissance = travail + capital + productivité globale des facteurs. Le capital a des rendements décroissants ; seul le progrès technique soutient durablement la croissance du niveau de vie. Règle de 70 pour le temps de doublement.
La croissance vient du travail, des machines, et surtout du progrès technique. Ajouter des machines rapporte de moins en moins. Seul le progrès enrichit durablement. Pour savoir en combien d’années on double : 70 divisé par le taux de croissance.
Les cycles et la conjoncture
Partie II — Croissance et fluctuations · B. Le court terme
Fil conducteur
Depuis le printemps 2026, Léa vend un peu moins de viennoiseries le week-end, ses fournisseurs livrent plus lentement et sa banquière se montre plus prudente. Elle sent le ralentissement avant qu'il soit annoncé.
En une phrase
L’activité ne progresse pas en ligne droite : elle alterne phases d’EXPANSION et de ralentissement, voire de RÉCESSION, autour de sa tendance de long terme. L’analyse de la CONJONCTURE cherche à situer l’économie dans ce cycle.
L’économie n’avance pas en ligne droite. Elle alterne des périodes où elle accélère et des périodes où elle ralentit, voire recule. Analyser la conjoncture, c’est essayer de savoir où on en est.
Pourquoi c'est important
Les décisions de court terme (embaucher, investir, emprunter, fixer les taux d’intérêt, voter un budget) dépendent du moment du cycle. Une récession détruit des emplois et des entreprises ; une surchauffe fait grimper les prix. Savoir lire la conjoncture, c’est anticiper ces retournements.
Les décisions de court terme (embaucher, investir, emprunter, fixer les taux, voter un budget) dépendent du moment du cycle. Une récession détruit des emplois et des entreprises. Une surchauffe fait grimper les prix. Lire la conjoncture, c’est voir venir ces retournements.
Comment ça marche
Le cycle comprend une phase d’expansion jusqu’à un PIC, puis une phase de contraction jusqu’à un CREUX. Une RÉCESSION est une baisse durable de l’activité ; on retient souvent deux trimestres consécutifs de recul du PIB.
L’ÉCART DE PRODUCTION compare le PIB effectif au PIB potentiel : positif, l’économie surchauffe ; négatif, des capacités sont inemployées et le chômage monte.
Les chocs qui déclenchent les retournements peuvent être de demande (crise financière, rigueur budgétaire, perte de confiance) ou d’offre (flambée du pétrole, pandémie, sécheresse).
Les indicateurs se classent en avancés (enquêtes de confiance, carnets de commandes, courbe des taux), coïncidents (production industrielle, PIB) et retardés (chômage, inflation).
Le cycle : l’activité monte jusqu’à un sommet (le pic), puis redescend jusqu’à un point bas (le creux). Une récession, c’est une baisse qui dure. On parle souvent de récession après deux trimestres de recul du PIB.
L’écart de production compare ce qu’on produit à ce qu’on pourrait produire sans excès. Au-dessus : l’économie surchauffe. En dessous : des usines tournent au ralenti et le chômage monte.
Ce qui provoque un retournement : un choc de demande (crise financière, économies budgétaires, perte de confiance) ou un choc d’offre (pétrole qui flambe, pandémie, sécheresse).
On classe les indicateurs selon leur timing : certains annoncent (moral des chefs d’entreprise, commandes, taux d’intérêt), d’autres accompagnent (production, PIB), d’autres suivent avec retard (chômage, inflation).
Le cycle économique autour de la tendance. L'activité oscille autour de sa tendance de long terme : phases d'expansion jusqu'au pic, puis de ralentissement ou de récession jusqu'au creux.
Exemple concret
Au printemps 2026, le choc pétrolier lié au conflit au Moyen-Orient renchérit l’énergie : le pouvoir d’achat des ménages recule, ils réduisent les dépenses non essentielles, comme les viennoiseries du week-end chez Léa. Le PIB français recule de 0,2 % au 1er trimestre, puis stagne au 2e. Le chômage, indicateur retardé, ne monte qu’ensuite : 8,3 % au 2e trimestre.
Au printemps 2026, le conflit au Moyen-Orient fait flamber le pétrole. L’énergie coûte plus cher, les ménages ont moins à dépenser, et ils coupent dans le superflu, comme les viennoiseries du week-end chez Léa. Le PIB français recule de 0,2 % au 1er trimestre, puis stagne au 2e. Le chômage, qui réagit en retard, ne monte qu’après : 8,3 % au 2e trimestre.
Vocabulaire
Conjoncture : État de l’économie à un moment donné, et son évolution à court terme.
Récession : Diminution durable de l’activité ; en pratique, souvent au moins deux trimestres consécutifs de baisse du PIB.
Écart de production : Différence entre le PIB effectif et le PIB potentiel, en pourcentage du PIB potentiel (en anglais, output gap).
Indicateur avancé : Indicateur qui change de direction avant l’activité, et permet donc d’anticiper les retournements.
Conjoncture : L’état de l’économie à un moment donné, et ce qui va se passer à court terme.
Récession : Une baisse qui dure de l’activité. On parle souvent de récession après deux trimestres de recul du PIB.
Écart de production : La différence entre ce que le pays produit et ce qu’il pourrait produire sans excès.
Indicateur avancé : Un indicateur qui tourne avant l’économie, et aide donc à voir venir les retournements.
Les chiffres à connaître
− 0,2 % puis 0,0 % : PIB français aux 1er et 2e trimestres 2026. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
+ 0,4 % : prévision de croissance de l’INSEE pour 2026 (contre 0,7 % en juin), avec un chômage qui atteindrait 8,6 % en fin d’année. INSEE, Note de conjoncture de septembre 2026.
≈ 63 $ → près de 100 $ : prix du baril de Brent entre fin 2025 et mars 2026, le choc qui a déclenché ce ralentissement. INSEE, Note de conjoncture de mars 2026.
− 0,2 % puis 0,0 % : le PIB français aux 1er et 2e trimestres 2026. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
+ 0,4 % : la croissance que l’INSEE prévoit pour 2026 (elle prévoyait 0,7 % en juin). Le chômage monterait à 8,6 % en fin d’année. INSEE, Note de conjoncture de septembre 2026.
≈ 63 $ → près de 100 $ : le prix du baril de pétrole entre fin 2025 et mars 2026. C’est ce choc qui a lancé le ralentissement. INSEE, Note de conjoncture de mars 2026.
Ce qu'en disent les économistes
Clément Juglar (1862) repère des cycles des affaires de sept à dix ans liés au crédit. Schumpeter y voit l’effet des vagues d’innovation. Keynes explique les récessions par l’insuffisance de la demande et les « esprits animaux » des investisseurs. Pour les théoriciens des cycles réels (Kydland et Prescott, Nobel 2004), les fluctuations viennent surtout de chocs d’offre et de productivité.
Clément Juglar (1862) observe des cycles de sept à dix ans, liés au crédit. Schumpeter y voit des vagues d’inventions. Keynes explique les récessions par un manque de demande et par l’humeur changeante des investisseurs, leurs « esprits animaux ». Pour d’autres (Kydland et Prescott, prix Nobel 2004), les hauts et les bas viennent surtout de chocs sur la production.
Piège / à ne pas confondre
Une croissance faible n’est pas une récession, et une récession technique peut être très légère. Inversement, un PIB qui ne recule pas peut masquer une dégradation : pouvoir d’achat en baisse, chômage en hausse, défaillances d’entreprises. Toujours croiser plusieurs indicateurs.
Une croissance faible, ce n’est pas une récession. Et une « récession technique » peut être très légère. À l’inverse, un PIB qui ne baisse pas peut cacher une situation qui se dégrade : pouvoir d’achat en baisse, chômage en hausse, faillites. Il faut toujours regarder plusieurs indicateurs.
Pour anticiper
Les indicateurs à suivre chaque mois : climat des affaires de l’INSEE et enquêtes PMI (au-dessus de 50, l’activité progresse ; en dessous, elle recule), confiance des ménages, défaillances d’entreprises, intérim, et courbe des taux. Un retournement est rarement annoncé par un seul signal : c’est leur accumulation qui compte.
Les indicateurs à suivre chaque mois : le moral des chefs d’entreprise (enquêtes de l’INSEE et indices PMI : au-dessus de 50, l’activité progresse ; en dessous, elle recule), le moral des ménages, les faillites d’entreprises, l’intérim et les taux d’intérêt. Un seul signal ne suffit pas : c’est quand ils s’accumulent qu’il faut s’inquiéter.
À retenir
Expansion, pic, récession, creux. Écart de production positif = surchauffe, négatif = sous-emploi. Chocs d’offre ou de demande. Indicateurs avancés (enquêtes, taux), coïncidents (PIB), retardés (chômage, inflation).
L’économie monte, atteint un sommet, redescend, touche un point bas, puis repart. Au-dessus de son potentiel, elle surchauffe ; en dessous, le chômage monte. Certains indicateurs annoncent, d’autres suivent : le chômage et l’inflation arrivent en dernier.
Le chômage
Partie II — Croissance et fluctuations · B. Le court terme
Fil conducteur
Sonia, la vendeuse qu'employait Léa le samedi, cherche un temps plein. Elle travaille quelques heures par semaine : est-elle au chômage ? Pas au sens de l'INSEE.
En une phrase
Le TAUX DE CHÔMAGE rapporte le nombre de personnes sans emploi, disponibles et en recherche active à la population active ; il résulte de causes conjoncturelles (demande insuffisante) et structurelles (inadéquation, rigidités, frictions).
Le taux de chômage compare le nombre de personnes sans emploi, disponibles et qui cherchent vraiment, au nombre total de personnes qui travaillent ou cherchent. Il vient soit d’un manque d’activité, soit de problèmes plus profonds du marché du travail.
Pourquoi c'est important
Le chômage est un coût humain (revenus perdus, perte de compétences, isolement) et économique (production perdue, dépenses d’indemnisation, recettes en moins). Distinguer ses causes est indispensable : relancer la demande ne résout pas un chômage dû à un manque de qualification.
Le chômage coûte cher aux personnes (revenus perdus, compétences qui s’usent, isolement) et au pays (production perdue, allocations à payer, impôts en moins). Il faut en connaître la cause : relancer l’activité ne sert à rien si le problème est un manque de formation.
Comment ça marche
Est chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) toute personne de 15 ans ou plus qui n’a pas travaillé du tout pendant une semaine donnée, est disponible sous quinze jours et a cherché activement un emploi dans le mois précédent (ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois).
POPULATION ACTIVE = personnes en emploi + chômeurs. Taux de chômage = chômeurs ÷ population active.
Le CHÔMAGE CONJONCTUREL naît d’un ralentissement de l’activité : il se résorbe avec la reprise.
Le CHÔMAGE STRUCTUREL persiste même en haut de cycle : inadéquation des qualifications ou des lieux, coût du travail, règles, manque de mobilité. Le chômage frictionnel correspond au temps normal de recherche entre deux emplois.
Le halo du chômage regroupe des personnes sans emploi qui en veulent un mais ne remplissent pas tous les critères (pas disponibles, pas de recherche active).
Pour être compté chômeur (définition internationale du BIT), il faut avoir 15 ans ou plus, n’avoir pas travaillé du tout une semaine donnée, être disponible dans les quinze jours et avoir vraiment cherché un emploi le mois d’avant (ou en avoir trouvé un qui commence dans les trois mois).
La population active, ce sont les gens qui ont un emploi plus les chômeurs. Le taux de chômage divise les chômeurs par la population active.
Le chômage conjoncturel vient d’un ralentissement : il baisse quand l’activité repart.
Le chômage structurel reste même quand tout va bien : compétences qui ne correspondent pas aux postes, emplois trop loin, coût du travail, règles, difficulté à déménager. Le chômage frictionnel, c’est le temps normal pour passer d’un emploi à un autre.
Le halo du chômage, ce sont les personnes sans emploi qui en voudraient un, mais qui ne cochent pas toutes les cases (pas disponibles tout de suite, pas de recherche active).
Exemple concret
Sonia a travaillé six heures cette semaine : pour l’INSEE, elle est en emploi, même si elle voudrait travailler davantage (elle est en sous-emploi). Karim, s’il perdait son poste et cherchait activement, serait chômeur. Tom, étudiant qui ne cherche pas de travail, est inactif. Le taux de chômage ne dit donc pas tout de la situation de l’emploi.
Sonia a travaillé six heures cette semaine. Pour l’INSEE, elle a un emploi, même si elle voudrait travailler plus : on dit qu’elle est en sous-emploi. Si Karim perdait son poste et cherchait activement, il serait chômeur. Tom, étudiant qui ne cherche pas de travail, est inactif. Le taux de chômage ne dit donc pas tout.
Vocabulaire
Chômeur au sens du BIT : Personne sans aucun emploi pendant la semaine de référence, disponible sous quinze jours et en recherche active.
Taux de chômage : Rapport entre le nombre de chômeurs et la population active.
Chômage structurel : Part du chômage qui ne dépend pas du cycle et persiste même quand l’activité est normale.
Halo du chômage : Personnes sans emploi souhaitant travailler mais ne répondant pas à tous les critères du BIT.
Sous-emploi : Personnes en emploi à temps partiel qui souhaitent travailler plus et sont disponibles pour le faire.
Chômeur au sens du BIT : Une personne sans aucun travail pendant la semaine étudiée, disponible sous quinze jours, et qui cherche vraiment.
Taux de chômage : Le nombre de chômeurs divisé par la population active.
Chômage structurel : La part du chômage qui reste même quand l’économie va bien.
Halo du chômage : Les personnes sans emploi qui voudraient travailler mais ne remplissent pas tous les critères pour être comptées chômeurs.
Sous-emploi : Les personnes à temps partiel qui voudraient travailler plus et le pourraient.
Les chiffres à connaître
8,3 % de la population active au 2e trimestre 2026, soit 2,7 millions de chômeurs, + 0,7 point sur un an. INSEE, août 2026.
21,6 % de chômage chez les 15-24 ans au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
1,9 million de personnes dans le halo autour du chômage au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
8,3 % : le taux de chômage au 2e trimestre 2026, soit 2,7 millions de chômeurs, 0,7 point de plus qu’un an avant. INSEE, août 2026.
21,6 % : le taux de chômage des 15-24 ans au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
1,9 million de personnes dans le halo du chômage au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
Ce qu'en disent les économistes
Keynes (1936) explique le chômage de masse par une demande insuffisante : c’est un chômage involontaire que la baisse des salaires ne résout pas. Milton Friedman (1968) introduit le taux de chômage « naturel », en dessous duquel on ne peut descendre sans accélérer l’inflation. Diamond, Mortensen et Pissarides (Nobel 2010) modélisent les frictions de l’appariement entre offres et demandes d’emploi.
Keynes (1936) explique le chômage de masse par un manque de demande : les gens voudraient travailler, et baisser les salaires n’y change rien. Milton Friedman (1968) parle d’un chômage « naturel » : si on veut descendre en dessous, les prix s’emballent. Diamond, Mortensen et Pissarides (prix Nobel 2010) étudient la difficulté à faire se rencontrer offres d’emploi et chercheurs d’emploi.
Piège / à ne pas confondre
Ne pas confondre chômeurs au sens du BIT (INSEE, enquête) et demandeurs d’emploi inscrits à France Travail (données administratives) : les deux chiffres diffèrent, car tous les inscrits ne sont pas chômeurs au sens du BIT, et inversement. Et une baisse du taux de chômage peut venir de gens qui cessent de chercher, pas de créations d’emplois.
Il y a deux chiffres différents. Les chômeurs au sens du BIT, comptés par l’INSEE avec une enquête. Et les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail. Ils ne se recouvrent pas. Et le taux de chômage peut baisser simplement parce que des gens arrêtent de chercher, sans qu’aucun emploi ne soit créé.
Pour anticiper
Le chômage réagit avec retard : il continue souvent de monter au début d’une reprise. Pour voir venir, surveille les déclarations d’embauche, l’intérim et le taux d’emploi, qui bougent plus tôt. Démographie : le vieillissement réduit la population active, ce qui peut faire baisser le chômage sans créations d’emplois.
Le chômage réagit en retard : il monte souvent encore au début d’une reprise. Pour voir venir, regarde les embauches, l’intérim et la part des gens en emploi, qui bougent plus tôt. Et avec le vieillissement, il y a moins de gens en âge de travailler : le chômage peut baisser sans que des emplois soient créés.
À retenir
Chômeur BIT : sans emploi, disponible, en recherche active. Taux = chômeurs ÷ actifs. Conjoncturel (cycle) contre structurel (inadéquation, rigidités). Indicateur retardé : il faut regarder aussi le halo et le sous-emploi.
Chômeur, au sens officiel : aucun travail, disponible, et qui cherche vraiment. Le taux compare les chômeurs aux actifs. Une partie vient du ralentissement, une autre de problèmes profonds. Il réagit en retard, et ne dit pas tout : regarde aussi le halo et le sous-emploi.
L'inflation
Partie II — Croissance et fluctuations · B. Le court terme
Fil conducteur
En un an, la facture d'énergie de Léa a bondi, ses sacs de farine ont augmenté, et elle a dû passer la baguette de 1,20 € à 1,30 €. Karim, lui, se demande si son salaire suivra.
En une phrase
L’INFLATION est la hausse générale et durable du niveau des prix, qui réduit le pouvoir d’achat de la monnaie ; on la mesure en France par l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC).
L’inflation, c’est quand les prix montent un peu partout et pendant un moment. Avec le même argent, tu achètes moins. En France, on la mesure avec l’indice des prix de l’INSEE.
Pourquoi c'est important
L’inflation redistribue silencieusement : elle érode l’épargne non rémunérée et les revenus non indexés, allège les dettes à taux fixe. Trop forte, elle brouille les signaux de prix et pénalise les plus modestes ; négative (déflation), elle paralyse l’économie. D’où la cible de 2 % fixée par la BCE.
L’inflation déplace l’argent sans bruit. Elle ronge l’épargne qui ne rapporte rien et les revenus qui ne suivent pas, mais elle allège les dettes à taux fixe. Trop forte, elle brouille les prix et frappe d’abord les plus modestes. Négative (la déflation), elle bloque l’économie. D’où l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne.
Comment ça marche
L’IPC suit le prix d’un panier représentatif de biens et services consommés par les ménages ; l’INSEE en publie la variation chaque mois, sur un mois et sur un an (glissement annuel).
L’INFLATION SOUS-JACENTE retire les prix les plus volatils (énergie, produits frais) et ceux fixés par l’État : elle révèle la tendance de fond.
Inflation par la demande : la demande dépasse les capacités de production (surchauffe, excès de monnaie).
Inflation par les coûts : hausse du prix des matières premières, de l’énergie ou des salaires, répercutée dans les prix (choc d’offre).
BOUCLE PRIX-SALAIRES : les salariés obtiennent des hausses pour compenser l’inflation, les entreprises les répercutent, et ainsi de suite. Les ANTICIPATIONS jouent un rôle clé : si chacun s’attend à une forte inflation, elle s’auto-entretient.
La courbe de Phillips décrit à court terme un arbitrage entre chômage et inflation ; il disparaît à long terme selon Friedman.
L’INSEE suit chaque mois le prix d’un grand panier de produits et services achetés par les ménages. Il publie la hausse sur un mois et sur un an.
L’inflation sous-jacente retire ce qui bouge beaucoup (énergie, fruits et légumes frais) et ce que fixe l’État. Elle montre la tendance de fond.
Inflation par la demande : les gens veulent acheter plus que ce qu’on peut produire.
Inflation par les coûts : les matières premières, l’énergie ou les salaires coûtent plus cher, et les entreprises le répercutent.
La boucle prix-salaires : les salariés demandent des hausses pour suivre les prix, les entreprises les répercutent, et ça recommence. Ce que chacun attend compte beaucoup : si tout le monde s’attend à une forte inflation, elle s’entretient toute seule.
La courbe de Phillips montre qu’à court terme, moins de chômage va souvent avec plus d’inflation. Pour Friedman, ce lien disparaît à long terme.
Courbe de Phillips : chômage et inflation. À court terme, on observe souvent un arbitrage : moins de chômage s'accompagne de plus d'inflation. Cette relation se déforme quand les anticipations changent ou lors d'un choc d'offre.
Exemple concret
Août 2026 : les prix augmentent de 2,4 % sur un an en France. Mais l’énergie bondit de 16,7 % (produits pétroliers + 28,7 %), tandis que les produits manufacturés baissent de 0,4 % et que l’inflation sous-jacente n’est que de 1,1 %. C’est une inflation par les coûts, importée, concentrée sur l’énergie. Pour Léa, le four et les livraisons coûtent beaucoup plus cher ; pour Karim, dont le salaire progresse moins vite, le pouvoir d’achat recule.
Août 2026 : en France, les prix ont monté de 2,4 % en un an. Mais l’énergie a bondi de 16,7 % (carburants et fioul + 28,7 %), alors que les objets manufacturés ont baissé de 0,4 %. Hors énergie et produits frais, la hausse n’est que de 1,1 %. L’inflation vient donc surtout de l’énergie achetée à l’étranger. Pour Léa, le four et les livraisons coûtent bien plus cher. Pour Karim, dont le salaire monte moins vite, le pouvoir d’achat baisse.
Vocabulaire
Inflation : Hausse générale et durable du niveau des prix.
Indice des prix à la consommation : Instrument de mesure de l’inflation, calculé par l’INSEE. L’indice harmonisé (IPCH) permet les comparaisons européennes et sert de référence à la BCE.
Inflation sous-jacente : Inflation hors éléments volatils (énergie, produits frais) et hors prix administrés.
Déflation : Baisse générale et durable des prix, dangereuse car elle incite à reporter les achats et alourdit le poids réel des dettes.
Boucle prix-salaires : Enchaînement où hausses de prix et hausses de salaires s’alimentent mutuellement.
Inflation : La hausse générale des prix, qui dure.
Indice des prix à la consommation : L’outil de l’INSEE pour mesurer l’inflation. Une version « harmonisée » (IPCH) permet de comparer les pays européens et sert de repère à la BCE.
Inflation sous-jacente : L’inflation sans ce qui bouge trop (énergie, produits frais) et sans les prix fixés par l’État.
Déflation : La baisse générale des prix, qui dure. Dangereuse, car on attend pour acheter et les dettes pèsent plus lourd.
Boucle prix-salaires : Quand les hausses de prix entraînent des hausses de salaires, qui entraînent de nouvelles hausses de prix.
Les chiffres à connaître
+ 2,4 % sur un an en août 2026 (IPC), + 2,6 % pour l’indice harmonisé, + 1,1 % pour l’inflation sous-jacente. INSEE, août 2026.
+ 0,8 % : hausse des prix à la consommation en moyenne en 2025, une année d’inflation très basse avant le choc pétrolier. INSEE, comptes de la Nation 2025.
3,0 % : inflation prévue par la BCE pour la zone euro en 2026, puis 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. BCE, projections du 10 septembre 2026.
+ 2,4 % de hausse des prix sur un an en août 2026, + 2,6 % selon l’indice européen, + 1,1 % hors énergie et produits frais. INSEE, août 2026.
+ 0,8 % : la hausse moyenne des prix en 2025, une année très calme avant le choc sur le pétrole. INSEE, comptes de la Nation 2025.
3,0 % : l’inflation que la BCE prévoit pour la zone euro en 2026, puis 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. BCE, projections du 10 septembre 2026.
Ce qu'en disent les économistes
Pour Milton Friedman, « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » : elle vient d’une création de monnaie plus rapide que la production. Les keynésiens insistent sur les coûts et la demande. Phillips (1958) observe au Royaume-Uni une relation inverse entre chômage et hausse des salaires ; la stagflation des années 1970 (inflation et chômage élevés en même temps) montre ses limites.
Pour Milton Friedman, l’inflation vient toujours d’un excès de monnaie par rapport à ce qu’on produit. Les keynésiens insistent plutôt sur les coûts et la demande. Phillips (1958) observe au Royaume-Uni que moins de chômage va avec des hausses de salaires plus fortes. Mais dans les années 1970, on a eu en même temps beaucoup de chômage et beaucoup d’inflation (la « stagflation »), ce qui a montré les limites de cette idée.
Piège / à ne pas confondre
Une inflation qui baisse ne veut pas dire des prix qui baissent : les prix montent simplement moins vite. Autre piège : glissement annuel (évolution entre le même mois de deux années) et moyenne annuelle (évolution de la moyenne des douze mois) donnent des chiffres différents. Et ton inflation personnelle peut s’écarter de l’indice, selon ta consommation.
Une inflation qui ralentit ne veut pas dire que les prix baissent : ils montent juste moins vite. Autre piège : l’inflation « sur un an » (d’août à août) et l’inflation « en moyenne sur l’année » ne donnent pas le même chiffre. Et ta propre inflation peut être différente de l’indice, selon ce que tu achètes.
Pour anticiper
Surveille l’écart entre inflation totale et sous-jacente : si l’énergie tire la première alors que la seconde reste basse, le choc peut refluer ; si la sous-jacente monte à son tour, l’inflation s’installe (effets de second tour). Surveille aussi les anticipations d’inflation et les négociations salariales : c’est ce que regarde la BCE avant de bouger ses taux.
Compare l’inflation totale et l’inflation hors énergie et produits frais. Si seule l’énergie tire les prix, la vague peut retomber. Si le reste se met aussi à monter, l’inflation s’installe. Regarde aussi ce que les gens attendent pour les prix et les négociations de salaires : c’est ce que surveille la BCE avant de toucher à ses taux.
À retenir
Inflation = hausse générale et durable des prix, mesurée par l’IPC. Sous-jacente = hors énergie, produits frais, prix administrés. Causes : demande, coûts, monnaie, anticipations. Cible BCE : 2 % à moyen terme.
L’inflation, c’est la hausse générale des prix, mesurée chaque mois par l’INSEE. La version « sous-jacente » retire ce qui bouge trop. Elle vient d’un excès de demande, des coûts, de la monnaie ou de ce que chacun attend. La BCE vise 2 %.
La demande globale et le multiplicateur
Partie III — Les politiques économiques · A. Les mécanismes
Fil conducteur
La mairie de Rennes commande à Léa les buffets de toutes ses cérémonies de l'année. Léa embauche un pâtissier, qui dépense une partie de son salaire chez le boucher, qui achète un nouveau vélo…
En une phrase
Selon Keynes, à court terme, c’est la DEMANDE GLOBALE (consommation, investissement, dépenses publiques, exportations nettes) qui détermine la production ; une dépense supplémentaire augmente le revenu de façon plus que proportionnelle grâce à l’effet MULTIPLICATEUR.
Pour Keynes, à court terme, c’est ce que tout le monde achète qui décide de ce qu’on produit. Et une dépense en plus fait grimper les revenus de plus que son propre montant, car elle se transmet de main en main.
Pourquoi c'est important
C’est le fondement des politiques de relance : si la demande s’effondre, l’État peut la soutenir. Le multiplicateur mesure l’efficacité de ces politiques, et aussi le coût des politiques de rigueur, qui réduisent la demande. Sa valeur réelle est l’un des grands débats de la macroéconomie.
C’est la base des plans de relance : si les achats s’effondrent, l’État peut prendre le relais. Le multiplicateur dit si ces plans marchent bien. Il dit aussi combien coûtent les plans d’économies, qui font baisser les achats. Combien il vaut vraiment est un grand débat entre économistes.
La PROPENSION MARGINALE À CONSOMMER (c) est la part d’un euro de revenu supplémentaire qui est dépensée. Le reste est épargné, payé en impôts ou dépensé en importations (des « fuites »).
Chaque euro dépensé devient un revenu, dont une partie c est redépensée, et ainsi de suite. Multiplicateur simple : k = 1 / (1 − c). Avec c = 0,8, k = 5.
En économie ouverte, avec impôts et importations, les fuites sont plus importantes et le multiplicateur plus faible, souvent estimé autour de 1 ou moins.
L’EFFET D’ÉVICTION : si l’État emprunte massivement, les taux d’intérêt peuvent monter et réduire l’investissement privé, ce qui diminue l’effet de la relance.
La demande globale, c’est tout ce qui est acheté : la consommation des ménages, l’investissement, les dépenses publiques, et les exportations moins les importations.
La propension marginale à consommer, c’est la part d’un euro gagné en plus que tu dépenses. Le reste part en épargne, en impôts ou en achats à l’étranger : ce sont des « fuites ».
Chaque euro dépensé devient le revenu de quelqu’un, qui en redépense une partie, et ainsi de suite. Le multiplicateur simple vaut 1 / (1 − c). Si on dépense 80 % de chaque euro, il vaut 5.
Dans la réalité, avec les impôts et les achats à l’étranger, les fuites sont grandes et le multiplicateur plus petit, souvent autour de 1 ou moins.
L’effet d’éviction : si l’État emprunte beaucoup, les taux peuvent monter et les entreprises investir moins. La relance marche alors moins bien.
Le multiplicateur : chaque dépense en entraîne une autre, plus petite. Avec une propension à consommer de 0,8, chaque euro reçu est redépensé à 80 %. Une dépense initiale de 100 finit par créer 500 de revenus.
Exemple concret
La commande de la mairie rapporte 20 000 € à Léa. Si chacun redépensait 80 % de ce qu’il reçoit, la chaîne créerait en théorie 100 000 € de revenus. Mais Léa épargne une partie, paie des cotisations et de la TVA, le pâtissier achète un vélo fabriqué en Asie : à chaque étape, une fraction sort du circuit national. L’effet réel est beaucoup plus modeste.
La commande de la mairie rapporte 20 000 € à Léa. Si chacun redépensait 80 % de ce qu’il touche, cela créerait en théorie 100 000 € de revenus. Mais Léa en met de côté, paie des cotisations et de la TVA, et le pâtissier achète un vélo fabriqué en Asie. À chaque étape, une partie de l’argent sort du pays. L’effet réel est bien plus petit.
Vocabulaire
Demande globale : Somme des dépenses adressées à l’économie nationale : consommation, investissement, dépenses publiques et exportations nettes.
Multiplicateur : Rapport entre la variation du revenu national et la variation de dépense autonome qui l’a provoquée.
Propension marginale à consommer : Part d’un revenu supplémentaire consacrée à la consommation.
Effet d’éviction : Réduction de la dépense privée provoquée par la hausse de la dépense publique, via la hausse des taux d’intérêt.
Demande globale : Tout ce qui est acheté dans le pays : consommation, investissement, dépenses publiques, et exportations moins importations.
Multiplicateur : Combien de revenus en plus crée un euro de dépense en plus.
Propension marginale à consommer : La part d’un euro gagné en plus que l’on dépense.
Effet d’éviction : Quand les dépenses de l’État font monter les taux et font reculer les dépenses des entreprises.
Les chiffres à connaître
17,2 % : taux d’épargne des ménages français au 2e trimestre 2026 (17,9 % en moyenne en 2025) : près d’un euro sur six n’est pas dépensé. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
+ 0,4 % : croissance de la consommation des ménages en volume en 2025, principal moteur de la demande. INSEE, comptes de la Nation 2025.
17,2 % : la part de leurs revenus que les ménages français ont épargnée au 2e trimestre 2026 (17,9 % en 2025). Près d’un euro sur six n’est pas dépensé. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
+ 0,4 % : la hausse de la consommation des ménages en 2025, hors hausse des prix. C’est le principal moteur des achats. INSEE, comptes de la Nation 2025.
Ce qu'en disent les économistes
Richard Kahn formalise le multiplicateur en 1931, Keynes l’intègre à sa Théorie générale (1936). Les économistes classiques et, plus tard, Robert Barro (« équivalence ricardienne », 1974) objectent que les ménages anticipent les impôts futurs nécessaires pour rembourser la dette et épargnent davantage, ce qui neutralise la relance. Les études empiriques trouvent des multiplicateurs plus forts en récession qu’en période normale.
Richard Kahn décrit le multiplicateur en 1931, et Keynes le reprend en 1936. D’autres économistes, dont Robert Barro (1974), objectent que les ménages savent qu’il faudra un jour payer plus d’impôts pour rembourser la dette : ils épargnent donc davantage, et la relance tombe à plat. Les études trouvent que le multiplicateur est plus fort pendant les récessions qu’en temps normal.
Piège / à ne pas confondre
Le multiplicateur joue dans les deux sens : une baisse de dépense publique réduit le revenu de plus que son montant, ce qui peut rendre la réduction du déficit plus difficile que prévu. Autre piège : une relance dans une économie très ouverte profite en partie aux producteurs étrangers.
Le multiplicateur marche dans les deux sens. Si l’État dépense moins, les revenus baissent de plus que le montant économisé, et réduire le déficit devient plus dur que prévu. Autre piège : dans un pays qui importe beaucoup, une relance profite en partie aux usines étrangères.
Pour anticiper
Quand un budget annonce des économies importantes (comme les 54 Md€ d’économies évoqués pour 2027), attends-toi à un frein sur la croissance à court terme, d’autant plus fort que l’économie est déjà faible. Le taux d’épargne des ménages est le paramètre à suivre : s’il reste élevé, la demande reste molle.
Quand un budget annonce de grosses économies (comme les 54 Md€ évoqués pour 2027), attends-toi à ce que la croissance ralentisse à court terme, surtout si l’économie est déjà faible. Surveille l’épargne des ménages : si elle reste haute, les achats restent faibles.
À retenir
Demande globale = C + I + G + X − M. Multiplicateur simple k = 1/(1 − c). Fuites (épargne, impôts, importations) et effet d’éviction le réduisent. Il joue aussi à la baisse.
Ce qu’on achète décide de ce qu’on produit à court terme. Une dépense se transmet de main en main et crée plus de revenus que son montant. L’épargne, les impôts et les importations freinent cet effet. Il marche aussi à l’envers.
Les politiques conjoncturelles
Partie III — Les politiques économiques · A. Les mécanismes
Fil conducteur
Quand l'activité ralentit, Léa entend deux discours à la radio : « il faut relancer » et « il faut réduire le déficit ». Les deux ont leurs raisons.
En une phrase
Les politiques conjoncturelles cherchent à stabiliser l’activité et les prix à court terme ; elles utilisent le budget de l’État (POLITIQUE BUDGÉTAIRE) et les taux d’intérêt de la banque centrale (POLITIQUE MONÉTAIRE), dont la combinaison forme le POLICY MIX.
Quand l’économie cale ou s’emballe, les pouvoirs publics peuvent agir à court terme avec deux outils : le budget de l’État et les taux d’intérêt de la banque centrale. On parle de « policy mix » pour la combinaison des deux.
Pourquoi c'est important
Ce sont les décisions économiques qui font l’actualité : plan de relance, budget de rigueur, hausse ou baisse des taux. Comprendre leur logique permet de prévoir leurs effets, et de comprendre pourquoi elles sont si difficiles quand un choc fait à la fois ralentir l’activité et monter les prix.
Ce sont les décisions qui font l’actualité : plan de relance, budget d’économies, taux qui montent ou baissent. Comprendre leur logique aide à prévoir leurs effets. Et à comprendre pourquoi c’est si dur quand un choc fait à la fois ralentir l’activité et monter les prix.
Comment ça marche
POLITIQUE BUDGÉTAIRE : augmenter les dépenses ou baisser les impôts pour soutenir la demande (relance), ou l’inverse pour la freiner et réduire le déficit (rigueur). En France, elle est décidée par le Parlement dans la loi de finances.
Les STABILISATEURS AUTOMATIQUES jouent sans décision : en récession, les recettes fiscales baissent et les allocations chômage augmentent, ce qui amortit le choc.
POLITIQUE MONÉTAIRE : la banque centrale baisse ses taux pour encourager le crédit et la dépense, ou les monte pour freiner l’inflation. Dans la zone euro, elle est confiée à la BCE, indépendante, et unique pour les vingt et un pays membres.
Face à un choc de demande, les deux politiques vont dans le même sens. Face à un choc d’offre (flambée de l’énergie), il y a un dilemme : combattre l’inflation aggrave le ralentissement, soutenir l’activité entretient l’inflation.
Les politiques structurelles (formation, concurrence, fiscalité, marché du travail) agissent sur le long terme et sur la croissance potentielle.
Le budget : l’État peut dépenser plus ou baisser les impôts pour soutenir les achats (relance). Ou l’inverse pour les freiner et réduire le déficit (rigueur). En France, c’est le Parlement qui vote le budget chaque année.
Certains amortisseurs jouent tout seuls : en récession, l’État encaisse moins d’impôts et verse plus d’allocations chômage, ce qui adoucit le choc.
Les taux : la banque centrale baisse ses taux pour encourager les crédits et les achats, ou les monte pour freiner l’inflation. En zone euro, c’est la BCE qui décide, seule et indépendante, pour les vingt et un pays.
Si c’est la demande qui s’effondre, les deux outils vont dans le même sens. Si c’est un choc sur les coûts (l’énergie qui flambe), c’est un casse-tête : lutter contre l’inflation aggrave le ralentissement, et soutenir l’activité entretient l’inflation.
À côté, des réformes de fond (formation, concurrence, impôts, marché du travail) agissent sur la croissance de long terme.
Exemple concret
2026 illustre le dilemme d’un choc d’offre. Le pétrole flambe : l’inflation de la zone euro repart et la croissance ralentit. La BCE choisit de lutter contre l’inflation et relève ses taux de 0,25 point le 10 septembre 2026. Au même moment, la France, dont le déficit reste à plus de 5 % du PIB, n’a guère de marge pour relancer par le budget. Pour Léa, cela signifie un crédit plus cher et des clients qui dépensent moins.
2026 montre bien le casse-tête d’un choc sur les coûts. Le pétrole flambe : l’inflation repart en zone euro et la croissance ralentit. La BCE choisit de combattre l’inflation et monte ses taux de 0,25 point le 10 septembre 2026. En même temps, la France, avec un déficit de plus de 5 % du PIB, n’a presque pas de marge pour relancer avec son budget. Pour Léa, cela veut dire un crédit plus cher et des clients qui dépensent moins.
Vocabulaire
Politique budgétaire : Utilisation des dépenses et des recettes publiques pour influencer l’activité économique.
Politique monétaire : Action de la banque centrale sur les taux d’intérêt et la quantité de monnaie pour assurer la stabilité des prix.
Policy mix : Combinaison des politiques budgétaire et monétaire.
Stabilisateurs automatiques : Mécanismes budgétaires qui amortissent spontanément les fluctuations (impôts progressifs, allocations chômage).
Politique budgétaire : Se servir des dépenses et des impôts de l’État pour agir sur l’économie.
Politique monétaire : L’action de la banque centrale sur les taux d’intérêt et la monnaie, pour garder des prix stables.
Policy mix : La combinaison des deux politiques, budget et taux.
Stabilisateurs automatiques : Des mécanismes qui amortissent tout seuls les hauts et les bas (impôts qui baissent quand les revenus baissent, allocations chômage).
Les chiffres à connaître
2,50 % : taux de la facilité de dépôt de la BCE à compter du 16 septembre 2026, après une hausse de 0,25 point décidée le 10 septembre. BCE, 10 septembre 2026.
5,1 % du PIB : déficit public de la France en 2025 (152,5 Md€), au-dessus de la limite européenne de 3 %. INSEE, mars 2026.
21 pays partagent l’euro et la même politique monétaire depuis l’entrée de la Bulgarie le 1er janvier 2026. Banque de France.
2,50 % : le taux auquel la BCE rémunère les dépôts des banques depuis le 16 septembre 2026, après une hausse de 0,25 point décidée le 10 septembre. BCE, 10 septembre 2026.
5,1 % du PIB : le déficit de la France en 2025 (152,5 Md€), au-dessus de la limite européenne de 3 %. INSEE, mars 2026.
21 pays partagent l’euro, donc les mêmes taux, depuis l’arrivée de la Bulgarie le 1er janvier 2026. Banque de France.
Ce qu'en disent les économistes
Pour Keynes et les keynésiens, l’État doit stabiliser activement l’économie. Pour les monétaristes (Friedman) et la « nouvelle économie classique » (Lucas, Nobel 1995), les politiques discrétionnaires sont inefficaces ou nocives, car les agents les anticipent ; mieux vaut des règles stables. Robert Mundell (Nobel 1999) montre que, en changes fixes et capitaux mobiles, la politique budgétaire est plus efficace que la politique monétaire nationale, qui devient impuissante.
Pour Keynes et ses héritiers, l’État doit agir pour lisser les hauts et les bas. Pour Friedman et pour Robert Lucas (prix Nobel 1995), ces interventions marchent mal ou nuisent, car les gens les voient venir. Mieux vaut des règles stables. Robert Mundell (prix Nobel 1999) montre que, quand un pays fixe sa monnaie et que les capitaux circulent librement, le budget marche mieux que les taux, qui ne servent plus à rien au niveau national.
Piège / à ne pas confondre
Un pays de la zone euro ne décide pas de ses taux d’intérêt : son seul levier conjoncturel national est le budget. Et « relance » ne veut pas dire « dépense publique » uniquement : une baisse d’impôts ou de cotisations est aussi une politique budgétaire expansive.
Un pays de la zone euro ne choisit pas ses taux : c’est la BCE. Son seul outil national de court terme, c’est le budget. Et « relancer », ce n’est pas seulement dépenser plus : baisser les impôts ou les cotisations, c’est aussi de la relance.
Pour anticiper
Les dates à suivre : les réunions de politique monétaire de la BCE (toutes les six semaines environ), la présentation du projet de loi de finances à l’automne, et les avis du Haut Conseil des finances publiques. Quand budget et taux se durcissent en même temps, comme en 2026, le frein sur l’activité est maximal.
Les rendez-vous à suivre : les réunions de la BCE (environ toutes les six semaines), la présentation du budget de l’État à l’automne, et les avis du Haut Conseil des finances publiques. Quand le budget et les taux se resserrent en même temps, comme en 2026, l’activité freine fort.
À retenir
Deux leviers : budget (gouvernement et Parlement) et taux (BCE). Relance ou rigueur. Stabilisateurs automatiques. Choc de demande : pas de dilemme ; choc d’offre : arbitrage entre inflation et activité.
Deux outils : le budget (l’État) et les taux (la BCE). On relance ou on freine. Certains amortisseurs jouent tout seuls. Si la demande s’effondre, tout va dans le même sens ; si les coûts flambent, il faut choisir entre inflation et activité.