← Macroéconomie : croissance, emploi, prixFiche de révision

Fiche de révision

Tous les « À retenir » du cours, dans l'ordre du plan : l'essentiel à garder sous la main.

Le circuit économique et les agents

Partie I — Mesurer l'économie · A. Une vue d'ensemble

Fil conducteur

L'euro que Mme Le Goff dépense pour sa baguette devient une recette pour Léa, qui paie le salaire de Karim, qui fait ses courses, qui paient d'autres salaires. Et une partie file en impôts, en épargne ou vers l'étranger.

En une phrase

L’économie d’un pays peut se représenter comme un CIRCUIT de flux réels (biens, services, travail) et de flux monétaires (salaires, dépenses, impôts, crédits) entre quelques grandes catégories d’agents.

Pourquoi c'est important

Ce schéma est la charpente de toute la macroéconomie. Il montre qu’une dépense est toujours un revenu pour quelqu’un : si tout le monde épargne en même temps, les revenus de tous baissent. C’est aussi la logique de la comptabilité nationale, d’où viennent le PIB, le déficit ou le taux d’épargne.

Comment ça marche

  • Les MÉNAGES consomment, offrent leur travail et épargnent.
  • Les ENTREPRISES (sociétés non financières) produisent des biens et services marchands, versent des salaires et investissent.
  • Les ADMINISTRATIONS PUBLIQUES (État, collectivités locales, Sécurité sociale) prélèvent des impôts et cotisations, et fournissent des services non marchands et des prestations.
  • Les institutions financières (banques, assurances) collectent l’épargne et accordent des crédits : elles relient ceux qui ont trop d’argent à ceux qui en manquent.
  • Le RESTE DU MONDE achète nos exportations et nous vend nos importations.
  • L’égalité comptable fondamentale : ce qui est produit est soit consommé, soit investi, soit exporté, net des importations.
Le circuit économique entre les agentsMénagesEntreprisesÉtat (APU)BanquesReste du mondeconsommation →← salairesimpôtsprestationsépargnecrédits↓ importations↑ exportations
Le circuit économique entre les agents. Chaque flèche est un flux d'argent : consommation, salaires, impôts, prestations, épargne, crédits, échanges avec l'étranger. La dépense des uns est toujours le revenu des autres.

Exemple concret

Léa vend 1 000 € de pain dans la journée. Ces 1 000 € se répartissent : la farine du meunier, l’électricité, le salaire de Karim, les cotisations et la TVA pour les administrations, les intérêts de son prêt pour la banque, et ce qui reste est son revenu. Aucun euro ne disparaît : chacun devient la recette de quelqu’un d’autre ou de l’épargne.

Vocabulaire

  • Agents économiques : Individus ou organisations qui prennent des décisions économiques ; la comptabilité nationale les regroupe en SECTEURS INSTITUTIONNELS.
  • Circuit économique : Représentation de l’économie comme un ensemble de flux réels et monétaires entre agents.
  • Secteurs institutionnels : En France : sociétés non financières, sociétés financières, administrations publiques, ménages, institutions sans but lucratif au service des ménages, et reste du monde.

Les chiffres à connaître

  • 2 991,1 Md€ : PIB de la France en 2025, la valeur de tout ce qui a circulé comme production finale dans le circuit. INSEE, comptes de la Nation 2025.
  • 57,2 % du PIB : poids des dépenses publiques en 2025 ; les administrations sont un acteur central du circuit français. INSEE, mars 2026.
  • 69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026. INSEE, bilan démographique 2025.

Ce qu'en disent les économistes

François Quesnay, médecin de Louis XV, dessine en 1758 le premier circuit économique, le « Tableau économique », sur le modèle de la circulation du sang. Keynes, en 1936, en tire le « paradoxe de l’épargne » : si chacun épargne davantage pour se protéger, la demande baisse, les revenus aussi, et l’épargne totale peut ne pas augmenter.

Piège / à ne pas confondre

Ce qui est vrai pour un agent ne l’est pas forcément pour tous (sophisme de composition). Un ménage qui réduit ses dépenses améliore sa situation ; si tous le font en même temps, l’économie ralentit et la situation de chacun peut se dégrader.

Pour anticiper

Une hausse du taux d’épargne des ménages est un signal de prudence : elle annonce souvent une consommation faible. À l’inverse, une baisse brutale peut signaler que les ménages puisent dans leurs réserves pour maintenir leur niveau de vie, ce qui ne dure pas.

À retenir

Ménages, entreprises, administrations, institutions financières, reste du monde. Toute dépense est un revenu. Production = consommation + investissement + exportations − importations.

Le PIB : mesurer la production

Partie I — Mesurer l'économie · A. Une vue d'ensemble

Fil conducteur

Le meunier vend sa farine 300 € à Léa, qui en fait du pain vendu 1 000 €. Qu'a-t-on produit en tout : 1 300 € ou 1 000 € ?

En une phrase

Le PRODUIT INTÉRIEUR BRUT mesure la valeur de tous les biens et services finals produits sur le territoire en un an ; il s’obtient en additionnant les valeurs ajoutées pour ne pas compter deux fois les consommations intermédiaires.

Pourquoi c'est important

Le PIB est l’indicateur le plus suivi : sa variation, la « croissance », guide les décisions des gouvernements, des banques centrales et des entreprises. Presque tous les autres ratios (dette, déficit, dépenses publiques) sont exprimés en pourcentage du PIB. Il faut donc savoir ce qu’il mesure, et ce qu’il ne mesure pas.

Comment ça marche

  • VALEUR AJOUTÉE = production − consommations intermédiaires. PIB = somme des valeurs ajoutées + impôts sur les produits (TVA, droits de douane) − subventions sur les produits.
  • Trois approches donnent le même résultat : par la production (valeurs ajoutées), par la demande (consommation + investissement + exportations − importations), par les revenus (salaires + profits + impôts nets de subventions).
  • PIB en VALEUR (à prix courants) : il monte si les prix montent. PIB en VOLUME (à prix constants) : l’effet des prix est retiré. La « croissance » se mesure en volume.
  • Le PIB par habitant rapporte la production à la population ; en parité de pouvoir d’achat, il corrige les différences de prix entre pays.
  • Limites : le PIB ignore le travail domestique et bénévole, l’épuisement des ressources, les pollutions, la répartition des revenus. Il mesure une production, pas un bien-être.

Exemple concret

Le meunier produit 300 € de farine à partir de 100 € de blé : il ajoute 200 €. L’agriculteur, sans achat pour simplifier, ajoute 100 €. Léa transforme 300 € de farine en 1 000 € de pain : elle ajoute 700 €. Somme des valeurs ajoutées : 100 + 200 + 700 = 1 000 €, soit exactement la valeur du produit final. Additionner les chiffres d’affaires (1 400 €) aurait compté le blé trois fois.

Vocabulaire

  • Produit intérieur brut : Valeur des biens et services finals produits sur le territoire national pendant une période, par des unités résidentes. « Brut » : avant déduction de l’usure du capital.
  • Valeur ajoutée : Production moins consommations intermédiaires ; richesse réellement créée par une unité de production.
  • Volume et valeur : Le PIB en valeur est calculé aux prix de l’année ; en volume, aux prix d’une année de référence, pour isoler l’évolution des quantités.
  • PIB par habitant : PIB divisé par la population ; indicateur grossier du niveau de vie moyen.

Les chiffres à connaître

  • 2 991,1 Md€ : PIB de la France en 2025, soit un peu plus de 43 000 € par habitant. INSEE, comptes de la Nation 2025.
  • + 0,9 % : croissance du PIB en volume en 2025 (corrigée des jours ouvrables). En valeur, + 2,0 %. INSEE, comptes de la Nation 2025.
  • − 0,2 % puis 0,0 % : évolution trimestrielle du PIB au 1er puis au 2e trimestre 2026. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.

Ce qu'en disent les économistes

Simon Kuznets, qui a conçu la comptabilité nationale américaine dans les années 1930, avertissait déjà que le bien-être d’une nation ne peut guère se déduire d’une mesure du revenu national. En 2009, le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi, commandé par la France, recommande de compléter le PIB par des indicateurs de bien-être, d’inégalités et de soutenabilité.

Piège / à ne pas confondre

Ne pas confondre une baisse du PIB et une baisse de la croissance : si la croissance passe de 2 % à 1 %, le PIB continue d’augmenter, mais moins vite. Et un PIB en valeur qui monte de 2 % avec 1 % d’inflation ne correspond qu’à environ 1 % de croissance réelle.

Pour anticiper

Le PIB trimestriel est publié par l’INSEE environ 30 jours après la fin du trimestre (première estimation), puis révisé. Deux trimestres de baisse consécutifs sont souvent qualifiés de « récession technique ». Regarde aussi la composition de la croissance : une croissance tirée par les stocks ou par un rebond ponctuel des exportations est plus fragile qu’une croissance tirée par la consommation et l’investissement.

À retenir

PIB = somme des valeurs ajoutées (+ impôts − subventions sur les produits). Trois optiques : production, demande, revenus. Croissance = variation du PIB en volume. Le PIB mesure la production, pas le bien-être.

La croissance et ses sources

Partie II — Croissance et fluctuations · A. Le long terme

Fil conducteur

Il y a trente ans, une boulangerie comme celle de Léa produisait moins de pain par heure : pas de pétrin moderne, pas de four programmable, pas de logiciel de caisse. C'est ce genre de progrès qui, cumulé, enrichit un pays.

En une phrase

À long terme, la croissance d’une économie dépend de trois choses : la quantité de travail, la quantité de capital et, surtout, l’efficacité avec laquelle on les combine, portée par le PROGRÈS TECHNIQUE.

Pourquoi c'est important

Un écart de croissance qui paraît minime change tout sur une génération : à 2 % par an, le PIB double en 35 ans ; à 1 %, en 70 ans. La croissance de long terme finance les retraites, la santé, la transition écologique et le remboursement des dettes. C’est la question économique la plus importante, et la plus difficile.

Comment ça marche

  • Croissance = contribution du TRAVAIL (population active, heures) + contribution du CAPITAL (machines, bâtiments, logiciels) + PRODUCTIVITÉ GLOBALE DES FACTEURS.
  • Les rendements du capital sont décroissants : accumuler des machines ne suffit pas à croître indéfiniment. Seul le progrès technique permet une croissance durable du niveau de vie.
  • Le CAPITAL HUMAIN (éducation, formation, santé) rend le travail plus productif.
  • Les institutions comptent : droits de propriété, stabilité juridique, concurrence, qualité de l’administration.
  • La CROISSANCE POTENTIELLE est celle que l’économie peut atteindre durablement sans tensions inflationnistes. En France, elle a nettement ralenti depuis les années 1970, avec la productivité.

Exemple concret

Léa remplace son vieux four par un four à sole programmable : même personnel, mais 20 % de fournées en plus par jour et moins de pertes. Karim suit une formation de pâtissier : il peut produire des gâteaux à plus forte valeur ajoutée. Ni l’une ni l’autre ne travaillent plus d’heures, mais la valeur ajoutée par heure augmente. Multipliée par des millions d’entreprises, c’est la croissance de la productivité.

Vocabulaire

  • Croissance potentielle : Rythme de croissance soutenable à moyen terme, compte tenu des facteurs de production disponibles, sans accélération de l’inflation.
  • Productivité globale des facteurs : Part de la croissance qui n’est expliquée ni par le travail ni par le capital (le « résidu de Solow ») ; elle mesure le progrès technique et organisationnel.
  • Capital humain : Ensemble des connaissances, compétences et de la santé qui rendent une personne productive.
  • Progrès technique : Amélioration des procédés, des produits et de l’organisation permettant de produire plus ou mieux avec les mêmes ressources.

Les chiffres à connaître

  • ≈ 5 % par an : croissance moyenne de la France pendant les Trente Glorieuses (1945-1975), portée par la reconstruction, le rattrapage technologique et l’exode rural. INSEE, séries longues.
  • + 0,9 % en 2025 et + 0,4 % prévu pour 2026 : la croissance française récente, bien en dessous de ce rythme. INSEE, comptes 2025 et Note de conjoncture de septembre 2026.
  • 70 ÷ taux de croissance : nombre approximatif d’années pour doubler (règle de 70). À 1 %, 70 ans ; à 2 %, 35 ans. Règle de calcul.

Ce qu'en disent les économistes

Robert Solow (1956) montre que l’accumulation de capital seule ne peut pas soutenir la croissance : le progrès technique est déterminant, mais son modèle ne l’explique pas. Paul Romer (Nobel 2018) le rend « endogène » : les idées, non rivales, se diffusent et s’accumulent grâce à la recherche et à l’éducation. Philippe Aghion (Nobel 2025, avec Peter Howitt et Joel Mokyr) modélise la croissance par la destruction créatrice de Schumpeter.

Piège / à ne pas confondre

Croissance et développement ne sont pas synonymes : le développement inclut santé, éducation, institutions et répartition. Et une croissance forte une année (rebond après une crise) ne dit rien de la croissance potentielle, qui se juge sur longue période.

Pour anticiper

Les grands déterminants de la croissance future sont lents mais prévisibles : démographie (la population active française va peu augmenter), niveau d’éducation, investissement en recherche, diffusion des nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle. Une révolution technologique met souvent des années avant de se voir dans les chiffres de productivité.

À retenir

Croissance = travail + capital + productivité globale des facteurs. Le capital a des rendements décroissants ; seul le progrès technique soutient durablement la croissance du niveau de vie. Règle de 70 pour le temps de doublement.

Les cycles et la conjoncture

Partie II — Croissance et fluctuations · B. Le court terme

Fil conducteur

Depuis le printemps 2026, Léa vend un peu moins de viennoiseries le week-end, ses fournisseurs livrent plus lentement et sa banquière se montre plus prudente. Elle sent le ralentissement avant qu'il soit annoncé.

En une phrase

L’activité ne progresse pas en ligne droite : elle alterne phases d’EXPANSION et de ralentissement, voire de RÉCESSION, autour de sa tendance de long terme. L’analyse de la CONJONCTURE cherche à situer l’économie dans ce cycle.

Pourquoi c'est important

Les décisions de court terme (embaucher, investir, emprunter, fixer les taux d’intérêt, voter un budget) dépendent du moment du cycle. Une récession détruit des emplois et des entreprises ; une surchauffe fait grimper les prix. Savoir lire la conjoncture, c’est anticiper ces retournements.

Comment ça marche

  • Le cycle comprend une phase d’expansion jusqu’à un PIC, puis une phase de contraction jusqu’à un CREUX. Une RÉCESSION est une baisse durable de l’activité ; on retient souvent deux trimestres consécutifs de recul du PIB.
  • L’ÉCART DE PRODUCTION compare le PIB effectif au PIB potentiel : positif, l’économie surchauffe ; négatif, des capacités sont inemployées et le chômage monte.
  • Les chocs qui déclenchent les retournements peuvent être de demande (crise financière, rigueur budgétaire, perte de confiance) ou d’offre (flambée du pétrole, pandémie, sécheresse).
  • Les indicateurs se classent en avancés (enquêtes de confiance, carnets de commandes, courbe des taux), coïncidents (production industrielle, PIB) et retardés (chômage, inflation).
Le cycle économique autour de la tendancePIBtempstendancepiccreuxrécessionexpansion
Le cycle économique autour de la tendance. L'activité oscille autour de sa tendance de long terme : phases d'expansion jusqu'au pic, puis de ralentissement ou de récession jusqu'au creux.

Exemple concret

Au printemps 2026, le choc pétrolier lié au conflit au Moyen-Orient renchérit l’énergie : le pouvoir d’achat des ménages recule, ils réduisent les dépenses non essentielles, comme les viennoiseries du week-end chez Léa. Le PIB français recule de 0,2 % au 1er trimestre, puis stagne au 2e. Le chômage, indicateur retardé, ne monte qu’ensuite : 8,3 % au 2e trimestre.

Vocabulaire

  • Conjoncture : État de l’économie à un moment donné, et son évolution à court terme.
  • Récession : Diminution durable de l’activité ; en pratique, souvent au moins deux trimestres consécutifs de baisse du PIB.
  • Écart de production : Différence entre le PIB effectif et le PIB potentiel, en pourcentage du PIB potentiel (en anglais, output gap).
  • Indicateur avancé : Indicateur qui change de direction avant l’activité, et permet donc d’anticiper les retournements.

Les chiffres à connaître

  • − 0,2 % puis 0,0 % : PIB français aux 1er et 2e trimestres 2026. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
  • + 0,4 % : prévision de croissance de l’INSEE pour 2026 (contre 0,7 % en juin), avec un chômage qui atteindrait 8,6 % en fin d’année. INSEE, Note de conjoncture de septembre 2026.
  • ≈ 63 $ → près de 100 $ : prix du baril de Brent entre fin 2025 et mars 2026, le choc qui a déclenché ce ralentissement. INSEE, Note de conjoncture de mars 2026.

Ce qu'en disent les économistes

Clément Juglar (1862) repère des cycles des affaires de sept à dix ans liés au crédit. Schumpeter y voit l’effet des vagues d’innovation. Keynes explique les récessions par l’insuffisance de la demande et les « esprits animaux » des investisseurs. Pour les théoriciens des cycles réels (Kydland et Prescott, Nobel 2004), les fluctuations viennent surtout de chocs d’offre et de productivité.

Piège / à ne pas confondre

Une croissance faible n’est pas une récession, et une récession technique peut être très légère. Inversement, un PIB qui ne recule pas peut masquer une dégradation : pouvoir d’achat en baisse, chômage en hausse, défaillances d’entreprises. Toujours croiser plusieurs indicateurs.

Pour anticiper

Les indicateurs à suivre chaque mois : climat des affaires de l’INSEE et enquêtes PMI (au-dessus de 50, l’activité progresse ; en dessous, elle recule), confiance des ménages, défaillances d’entreprises, intérim, et courbe des taux. Un retournement est rarement annoncé par un seul signal : c’est leur accumulation qui compte.

À retenir

Expansion, pic, récession, creux. Écart de production positif = surchauffe, négatif = sous-emploi. Chocs d’offre ou de demande. Indicateurs avancés (enquêtes, taux), coïncidents (PIB), retardés (chômage, inflation).

Le chômage

Partie II — Croissance et fluctuations · B. Le court terme

Fil conducteur

Sonia, la vendeuse qu'employait Léa le samedi, cherche un temps plein. Elle travaille quelques heures par semaine : est-elle au chômage ? Pas au sens de l'INSEE.

En une phrase

Le TAUX DE CHÔMAGE rapporte le nombre de personnes sans emploi, disponibles et en recherche active à la population active ; il résulte de causes conjoncturelles (demande insuffisante) et structurelles (inadéquation, rigidités, frictions).

Pourquoi c'est important

Le chômage est un coût humain (revenus perdus, perte de compétences, isolement) et économique (production perdue, dépenses d’indemnisation, recettes en moins). Distinguer ses causes est indispensable : relancer la demande ne résout pas un chômage dû à un manque de qualification.

Comment ça marche

  • Est chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) toute personne de 15 ans ou plus qui n’a pas travaillé du tout pendant une semaine donnée, est disponible sous quinze jours et a cherché activement un emploi dans le mois précédent (ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois).
  • POPULATION ACTIVE = personnes en emploi + chômeurs. Taux de chômage = chômeurs ÷ population active.
  • Le CHÔMAGE CONJONCTUREL naît d’un ralentissement de l’activité : il se résorbe avec la reprise.
  • Le CHÔMAGE STRUCTUREL persiste même en haut de cycle : inadéquation des qualifications ou des lieux, coût du travail, règles, manque de mobilité. Le chômage frictionnel correspond au temps normal de recherche entre deux emplois.
  • Le halo du chômage regroupe des personnes sans emploi qui en veulent un mais ne remplissent pas tous les critères (pas disponibles, pas de recherche active).

Exemple concret

Sonia a travaillé six heures cette semaine : pour l’INSEE, elle est en emploi, même si elle voudrait travailler davantage (elle est en sous-emploi). Karim, s’il perdait son poste et cherchait activement, serait chômeur. Tom, étudiant qui ne cherche pas de travail, est inactif. Le taux de chômage ne dit donc pas tout de la situation de l’emploi.

Vocabulaire

  • Chômeur au sens du BIT : Personne sans aucun emploi pendant la semaine de référence, disponible sous quinze jours et en recherche active.
  • Taux de chômage : Rapport entre le nombre de chômeurs et la population active.
  • Chômage structurel : Part du chômage qui ne dépend pas du cycle et persiste même quand l’activité est normale.
  • Halo du chômage : Personnes sans emploi souhaitant travailler mais ne répondant pas à tous les critères du BIT.
  • Sous-emploi : Personnes en emploi à temps partiel qui souhaitent travailler plus et sont disponibles pour le faire.

Les chiffres à connaître

  • 8,3 % de la population active au 2e trimestre 2026, soit 2,7 millions de chômeurs, + 0,7 point sur un an. INSEE, août 2026.
  • 21,6 % de chômage chez les 15-24 ans au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
  • 1,9 million de personnes dans le halo autour du chômage au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.

Ce qu'en disent les économistes

Keynes (1936) explique le chômage de masse par une demande insuffisante : c’est un chômage involontaire que la baisse des salaires ne résout pas. Milton Friedman (1968) introduit le taux de chômage « naturel », en dessous duquel on ne peut descendre sans accélérer l’inflation. Diamond, Mortensen et Pissarides (Nobel 2010) modélisent les frictions de l’appariement entre offres et demandes d’emploi.

Piège / à ne pas confondre

Ne pas confondre chômeurs au sens du BIT (INSEE, enquête) et demandeurs d’emploi inscrits à France Travail (données administratives) : les deux chiffres diffèrent, car tous les inscrits ne sont pas chômeurs au sens du BIT, et inversement. Et une baisse du taux de chômage peut venir de gens qui cessent de chercher, pas de créations d’emplois.

Pour anticiper

Le chômage réagit avec retard : il continue souvent de monter au début d’une reprise. Pour voir venir, surveille les déclarations d’embauche, l’intérim et le taux d’emploi, qui bougent plus tôt. Démographie : le vieillissement réduit la population active, ce qui peut faire baisser le chômage sans créations d’emplois.

À retenir

Chômeur BIT : sans emploi, disponible, en recherche active. Taux = chômeurs ÷ actifs. Conjoncturel (cycle) contre structurel (inadéquation, rigidités). Indicateur retardé : il faut regarder aussi le halo et le sous-emploi.

L'inflation

Partie II — Croissance et fluctuations · B. Le court terme

Fil conducteur

En un an, la facture d'énergie de Léa a bondi, ses sacs de farine ont augmenté, et elle a dû passer la baguette de 1,20 € à 1,30 €. Karim, lui, se demande si son salaire suivra.

En une phrase

L’INFLATION est la hausse générale et durable du niveau des prix, qui réduit le pouvoir d’achat de la monnaie ; on la mesure en France par l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC).

Pourquoi c'est important

L’inflation redistribue silencieusement : elle érode l’épargne non rémunérée et les revenus non indexés, allège les dettes à taux fixe. Trop forte, elle brouille les signaux de prix et pénalise les plus modestes ; négative (déflation), elle paralyse l’économie. D’où la cible de 2 % fixée par la BCE.

Comment ça marche

  • L’IPC suit le prix d’un panier représentatif de biens et services consommés par les ménages ; l’INSEE en publie la variation chaque mois, sur un mois et sur un an (glissement annuel).
  • L’INFLATION SOUS-JACENTE retire les prix les plus volatils (énergie, produits frais) et ceux fixés par l’État : elle révèle la tendance de fond.
  • Inflation par la demande : la demande dépasse les capacités de production (surchauffe, excès de monnaie).
  • Inflation par les coûts : hausse du prix des matières premières, de l’énergie ou des salaires, répercutée dans les prix (choc d’offre).
  • BOUCLE PRIX-SALAIRES : les salariés obtiennent des hausses pour compenser l’inflation, les entreprises les répercutent, et ainsi de suite. Les ANTICIPATIONS jouent un rôle clé : si chacun s’attend à une forte inflation, elle s’auto-entretient.
  • La courbe de Phillips décrit à court terme un arbitrage entre chômage et inflation ; il disparaît à long terme selon Friedman.
Courbe de Phillips : chômage et inflationInflationChômagepeu de chômage, plus d'inflationplus de chômage, moins d'inflation
Courbe de Phillips : chômage et inflation. À court terme, on observe souvent un arbitrage : moins de chômage s'accompagne de plus d'inflation. Cette relation se déforme quand les anticipations changent ou lors d'un choc d'offre.

Exemple concret

Août 2026 : les prix augmentent de 2,4 % sur un an en France. Mais l’énergie bondit de 16,7 % (produits pétroliers + 28,7 %), tandis que les produits manufacturés baissent de 0,4 % et que l’inflation sous-jacente n’est que de 1,1 %. C’est une inflation par les coûts, importée, concentrée sur l’énergie. Pour Léa, le four et les livraisons coûtent beaucoup plus cher ; pour Karim, dont le salaire progresse moins vite, le pouvoir d’achat recule.

Vocabulaire

  • Inflation : Hausse générale et durable du niveau des prix.
  • Indice des prix à la consommation : Instrument de mesure de l’inflation, calculé par l’INSEE. L’indice harmonisé (IPCH) permet les comparaisons européennes et sert de référence à la BCE.
  • Inflation sous-jacente : Inflation hors éléments volatils (énergie, produits frais) et hors prix administrés.
  • Déflation : Baisse générale et durable des prix, dangereuse car elle incite à reporter les achats et alourdit le poids réel des dettes.
  • Boucle prix-salaires : Enchaînement où hausses de prix et hausses de salaires s’alimentent mutuellement.

Les chiffres à connaître

  • + 2,4 % sur un an en août 2026 (IPC), + 2,6 % pour l’indice harmonisé, + 1,1 % pour l’inflation sous-jacente. INSEE, août 2026.
  • + 0,8 % : hausse des prix à la consommation en moyenne en 2025, une année d’inflation très basse avant le choc pétrolier. INSEE, comptes de la Nation 2025.
  • 3,0 % : inflation prévue par la BCE pour la zone euro en 2026, puis 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. BCE, projections du 10 septembre 2026.

Ce qu'en disent les économistes

Pour Milton Friedman, « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » : elle vient d’une création de monnaie plus rapide que la production. Les keynésiens insistent sur les coûts et la demande. Phillips (1958) observe au Royaume-Uni une relation inverse entre chômage et hausse des salaires ; la stagflation des années 1970 (inflation et chômage élevés en même temps) montre ses limites.

Piège / à ne pas confondre

Une inflation qui baisse ne veut pas dire des prix qui baissent : les prix montent simplement moins vite. Autre piège : glissement annuel (évolution entre le même mois de deux années) et moyenne annuelle (évolution de la moyenne des douze mois) donnent des chiffres différents. Et ton inflation personnelle peut s’écarter de l’indice, selon ta consommation.

Pour anticiper

Surveille l’écart entre inflation totale et sous-jacente : si l’énergie tire la première alors que la seconde reste basse, le choc peut refluer ; si la sous-jacente monte à son tour, l’inflation s’installe (effets de second tour). Surveille aussi les anticipations d’inflation et les négociations salariales : c’est ce que regarde la BCE avant de bouger ses taux.

À retenir

Inflation = hausse générale et durable des prix, mesurée par l’IPC. Sous-jacente = hors énergie, produits frais, prix administrés. Causes : demande, coûts, monnaie, anticipations. Cible BCE : 2 % à moyen terme.

La demande globale et le multiplicateur

Partie III — Les politiques économiques · A. Les mécanismes

Fil conducteur

La mairie de Rennes commande à Léa les buffets de toutes ses cérémonies de l'année. Léa embauche un pâtissier, qui dépense une partie de son salaire chez le boucher, qui achète un nouveau vélo…

En une phrase

Selon Keynes, à court terme, c’est la DEMANDE GLOBALE (consommation, investissement, dépenses publiques, exportations nettes) qui détermine la production ; une dépense supplémentaire augmente le revenu de façon plus que proportionnelle grâce à l’effet MULTIPLICATEUR.

Pourquoi c'est important

C’est le fondement des politiques de relance : si la demande s’effondre, l’État peut la soutenir. Le multiplicateur mesure l’efficacité de ces politiques, et aussi le coût des politiques de rigueur, qui réduisent la demande. Sa valeur réelle est l’un des grands débats de la macroéconomie.

Comment ça marche

  • Demande globale = consommation des ménages + investissement + dépenses publiques + exportations − importations.
  • La PROPENSION MARGINALE À CONSOMMER (c) est la part d’un euro de revenu supplémentaire qui est dépensée. Le reste est épargné, payé en impôts ou dépensé en importations (des « fuites »).
  • Chaque euro dépensé devient un revenu, dont une partie c est redépensée, et ainsi de suite. Multiplicateur simple : k = 1 / (1 − c). Avec c = 0,8, k = 5.
  • En économie ouverte, avec impôts et importations, les fuites sont plus importantes et le multiplicateur plus faible, souvent estimé autour de 1 ou moins.
  • L’EFFET D’ÉVICTION : si l’État emprunte massivement, les taux d’intérêt peuvent monter et réduire l’investissement privé, ce qui diminue l’effet de la relance.
Le multiplicateur : chaque dépense en entraîne une autre, plus petite10080645141…dépense initiale, puis chaque tour : 80 % du précédenttotal = 100 ÷ (1 − 0,8)= 500
Le multiplicateur : chaque dépense en entraîne une autre, plus petite. Avec une propension à consommer de 0,8, chaque euro reçu est redépensé à 80 %. Une dépense initiale de 100 finit par créer 500 de revenus.

Exemple concret

La commande de la mairie rapporte 20 000 € à Léa. Si chacun redépensait 80 % de ce qu’il reçoit, la chaîne créerait en théorie 100 000 € de revenus. Mais Léa épargne une partie, paie des cotisations et de la TVA, le pâtissier achète un vélo fabriqué en Asie : à chaque étape, une fraction sort du circuit national. L’effet réel est beaucoup plus modeste.

Vocabulaire

  • Demande globale : Somme des dépenses adressées à l’économie nationale : consommation, investissement, dépenses publiques et exportations nettes.
  • Multiplicateur : Rapport entre la variation du revenu national et la variation de dépense autonome qui l’a provoquée.
  • Propension marginale à consommer : Part d’un revenu supplémentaire consacrée à la consommation.
  • Effet d’éviction : Réduction de la dépense privée provoquée par la hausse de la dépense publique, via la hausse des taux d’intérêt.

Les chiffres à connaître

  • 17,2 % : taux d’épargne des ménages français au 2e trimestre 2026 (17,9 % en moyenne en 2025) : près d’un euro sur six n’est pas dépensé. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
  • + 0,4 % : croissance de la consommation des ménages en volume en 2025, principal moteur de la demande. INSEE, comptes de la Nation 2025.

Ce qu'en disent les économistes

Richard Kahn formalise le multiplicateur en 1931, Keynes l’intègre à sa Théorie générale (1936). Les économistes classiques et, plus tard, Robert Barro (« équivalence ricardienne », 1974) objectent que les ménages anticipent les impôts futurs nécessaires pour rembourser la dette et épargnent davantage, ce qui neutralise la relance. Les études empiriques trouvent des multiplicateurs plus forts en récession qu’en période normale.

Piège / à ne pas confondre

Le multiplicateur joue dans les deux sens : une baisse de dépense publique réduit le revenu de plus que son montant, ce qui peut rendre la réduction du déficit plus difficile que prévu. Autre piège : une relance dans une économie très ouverte profite en partie aux producteurs étrangers.

Pour anticiper

Quand un budget annonce des économies importantes (comme les 54 Md€ d’économies évoqués pour 2027), attends-toi à un frein sur la croissance à court terme, d’autant plus fort que l’économie est déjà faible. Le taux d’épargne des ménages est le paramètre à suivre : s’il reste élevé, la demande reste molle.

À retenir

Demande globale = C + I + G + X − M. Multiplicateur simple k = 1/(1 − c). Fuites (épargne, impôts, importations) et effet d’éviction le réduisent. Il joue aussi à la baisse.

Les politiques conjoncturelles

Partie III — Les politiques économiques · A. Les mécanismes

Fil conducteur

Quand l'activité ralentit, Léa entend deux discours à la radio : « il faut relancer » et « il faut réduire le déficit ». Les deux ont leurs raisons.

En une phrase

Les politiques conjoncturelles cherchent à stabiliser l’activité et les prix à court terme ; elles utilisent le budget de l’État (POLITIQUE BUDGÉTAIRE) et les taux d’intérêt de la banque centrale (POLITIQUE MONÉTAIRE), dont la combinaison forme le POLICY MIX.

Pourquoi c'est important

Ce sont les décisions économiques qui font l’actualité : plan de relance, budget de rigueur, hausse ou baisse des taux. Comprendre leur logique permet de prévoir leurs effets, et de comprendre pourquoi elles sont si difficiles quand un choc fait à la fois ralentir l’activité et monter les prix.

Comment ça marche

  • POLITIQUE BUDGÉTAIRE : augmenter les dépenses ou baisser les impôts pour soutenir la demande (relance), ou l’inverse pour la freiner et réduire le déficit (rigueur). En France, elle est décidée par le Parlement dans la loi de finances.
  • Les STABILISATEURS AUTOMATIQUES jouent sans décision : en récession, les recettes fiscales baissent et les allocations chômage augmentent, ce qui amortit le choc.
  • POLITIQUE MONÉTAIRE : la banque centrale baisse ses taux pour encourager le crédit et la dépense, ou les monte pour freiner l’inflation. Dans la zone euro, elle est confiée à la BCE, indépendante, et unique pour les vingt et un pays membres.
  • Face à un choc de demande, les deux politiques vont dans le même sens. Face à un choc d’offre (flambée de l’énergie), il y a un dilemme : combattre l’inflation aggrave le ralentissement, soutenir l’activité entretient l’inflation.
  • Les politiques structurelles (formation, concurrence, fiscalité, marché du travail) agissent sur le long terme et sur la croissance potentielle.

Exemple concret

2026 illustre le dilemme d’un choc d’offre. Le pétrole flambe : l’inflation de la zone euro repart et la croissance ralentit. La BCE choisit de lutter contre l’inflation et relève ses taux de 0,25 point le 10 septembre 2026. Au même moment, la France, dont le déficit reste à plus de 5 % du PIB, n’a guère de marge pour relancer par le budget. Pour Léa, cela signifie un crédit plus cher et des clients qui dépensent moins.

Vocabulaire

  • Politique budgétaire : Utilisation des dépenses et des recettes publiques pour influencer l’activité économique.
  • Politique monétaire : Action de la banque centrale sur les taux d’intérêt et la quantité de monnaie pour assurer la stabilité des prix.
  • Policy mix : Combinaison des politiques budgétaire et monétaire.
  • Stabilisateurs automatiques : Mécanismes budgétaires qui amortissent spontanément les fluctuations (impôts progressifs, allocations chômage).

Les chiffres à connaître

  • 2,50 % : taux de la facilité de dépôt de la BCE à compter du 16 septembre 2026, après une hausse de 0,25 point décidée le 10 septembre. BCE, 10 septembre 2026.
  • 5,1 % du PIB : déficit public de la France en 2025 (152,5 Md€), au-dessus de la limite européenne de 3 %. INSEE, mars 2026.
  • 21 pays partagent l’euro et la même politique monétaire depuis l’entrée de la Bulgarie le 1er janvier 2026. Banque de France.

Ce qu'en disent les économistes

Pour Keynes et les keynésiens, l’État doit stabiliser activement l’économie. Pour les monétaristes (Friedman) et la « nouvelle économie classique » (Lucas, Nobel 1995), les politiques discrétionnaires sont inefficaces ou nocives, car les agents les anticipent ; mieux vaut des règles stables. Robert Mundell (Nobel 1999) montre que, en changes fixes et capitaux mobiles, la politique budgétaire est plus efficace que la politique monétaire nationale, qui devient impuissante.

Piège / à ne pas confondre

Un pays de la zone euro ne décide pas de ses taux d’intérêt : son seul levier conjoncturel national est le budget. Et « relance » ne veut pas dire « dépense publique » uniquement : une baisse d’impôts ou de cotisations est aussi une politique budgétaire expansive.

Pour anticiper

Les dates à suivre : les réunions de politique monétaire de la BCE (toutes les six semaines environ), la présentation du projet de loi de finances à l’automne, et les avis du Haut Conseil des finances publiques. Quand budget et taux se durcissent en même temps, comme en 2026, le frein sur l’activité est maximal.

À retenir

Deux leviers : budget (gouvernement et Parlement) et taux (BCE). Relance ou rigueur. Stabilisateurs automatiques. Choc de demande : pas de dilemme ; choc d’offre : arbitrage entre inflation et activité.