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Les cycles et la conjoncture

Partie II — Croissance et fluctuations · B. Le court terme

Fil conducteur

Depuis le printemps 2026, Léa vend un peu moins de viennoiseries le week-end, ses fournisseurs livrent plus lentement et sa banquière se montre plus prudente. Elle sent le ralentissement avant qu'il soit annoncé.

En une phrase

L’activité ne progresse pas en ligne droite : elle alterne phases d’EXPANSION et de ralentissement, voire de RÉCESSION, autour de sa tendance de long terme. L’analyse de la CONJONCTURE cherche à situer l’économie dans ce cycle.

Pourquoi c'est important

Les décisions de court terme (embaucher, investir, emprunter, fixer les taux d’intérêt, voter un budget) dépendent du moment du cycle. Une récession détruit des emplois et des entreprises ; une surchauffe fait grimper les prix. Savoir lire la conjoncture, c’est anticiper ces retournements.

Comment ça marche

  • Le cycle comprend une phase d’expansion jusqu’à un PIC, puis une phase de contraction jusqu’à un CREUX. Une RÉCESSION est une baisse durable de l’activité ; on retient souvent deux trimestres consécutifs de recul du PIB.
  • L’ÉCART DE PRODUCTION compare le PIB effectif au PIB potentiel : positif, l’économie surchauffe ; négatif, des capacités sont inemployées et le chômage monte.
  • Les chocs qui déclenchent les retournements peuvent être de demande (crise financière, rigueur budgétaire, perte de confiance) ou d’offre (flambée du pétrole, pandémie, sécheresse).
  • Les indicateurs se classent en avancés (enquêtes de confiance, carnets de commandes, courbe des taux), coïncidents (production industrielle, PIB) et retardés (chômage, inflation).
Le cycle économique autour de la tendancePIBtempstendancepiccreuxrécessionexpansion
Le cycle économique autour de la tendance. L'activité oscille autour de sa tendance de long terme : phases d'expansion jusqu'au pic, puis de ralentissement ou de récession jusqu'au creux.

Exemple concret

Au printemps 2026, le choc pétrolier lié au conflit au Moyen-Orient renchérit l’énergie : le pouvoir d’achat des ménages recule, ils réduisent les dépenses non essentielles, comme les viennoiseries du week-end chez Léa. Le PIB français recule de 0,2 % au 1er trimestre, puis stagne au 2e. Le chômage, indicateur retardé, ne monte qu’ensuite : 8,3 % au 2e trimestre.

Vocabulaire

  • Conjoncture : État de l’économie à un moment donné, et son évolution à court terme.
  • Récession : Diminution durable de l’activité ; en pratique, souvent au moins deux trimestres consécutifs de baisse du PIB.
  • Écart de production : Différence entre le PIB effectif et le PIB potentiel, en pourcentage du PIB potentiel (en anglais, output gap).
  • Indicateur avancé : Indicateur qui change de direction avant l’activité, et permet donc d’anticiper les retournements.

Les chiffres à connaître

  • − 0,2 % puis 0,0 % : PIB français aux 1er et 2e trimestres 2026. INSEE, résultats détaillés du 2e trimestre 2026.
  • + 0,4 % : prévision de croissance de l’INSEE pour 2026 (contre 0,7 % en juin), avec un chômage qui atteindrait 8,6 % en fin d’année. INSEE, Note de conjoncture de septembre 2026.
  • ≈ 63 $ → près de 100 $ : prix du baril de Brent entre fin 2025 et mars 2026, le choc qui a déclenché ce ralentissement. INSEE, Note de conjoncture de mars 2026.

Ce qu'en disent les économistes

Clément Juglar (1862) repère des cycles des affaires de sept à dix ans liés au crédit. Schumpeter y voit l’effet des vagues d’innovation. Keynes explique les récessions par l’insuffisance de la demande et les « esprits animaux » des investisseurs. Pour les théoriciens des cycles réels (Kydland et Prescott, Nobel 2004), les fluctuations viennent surtout de chocs d’offre et de productivité.

Piège / à ne pas confondre

Une croissance faible n’est pas une récession, et une récession technique peut être très légère. Inversement, un PIB qui ne recule pas peut masquer une dégradation : pouvoir d’achat en baisse, chômage en hausse, défaillances d’entreprises. Toujours croiser plusieurs indicateurs.

Pour anticiper

Les indicateurs à suivre chaque mois : climat des affaires de l’INSEE et enquêtes PMI (au-dessus de 50, l’activité progresse ; en dessous, elle recule), confiance des ménages, défaillances d’entreprises, intérim, et courbe des taux. Un retournement est rarement annoncé par un seul signal : c’est leur accumulation qui compte.

À retenir

Expansion, pic, récession, creux. Écart de production positif = surchauffe, négatif = sous-emploi. Chocs d’offre ou de demande. Indicateurs avancés (enquêtes, taux), coïncidents (PIB), retardés (chômage, inflation).

Vérifier que c'est acquis

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Lequel de ces indicateurs est un indicateur avancé de la conjoncture ?

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