La balance des paiements
Fil conducteur
Chaque été, les touristes américains achètent des croissants chez Léa. Pour la France, c'est une exportation de services, même si le croissant ne quitte jamais Rennes.
En une phrase
La BALANCE DES PAIEMENTS enregistre toutes les opérations entre les résidents d’un pays et le reste du monde ; son compte des TRANSACTIONS COURANTES dit si le pays dépense plus ou moins qu’il ne gagne vis-à-vis de l’extérieur.
La balance des paiements note toutes les opérations entre un pays et le reste du monde. Sa partie principale dit si le pays dépense plus qu’il ne gagne avec l’étranger, ou l’inverse.
Pourquoi c'est important
Un déficit extérieur persistant signifie qu’un pays consomme et investit plus qu’il ne produit, et qu’il doit s’endetter ou vendre des actifs à l’étranger. Comprendre la balance des paiements permet de relativiser les chiffres du commerce extérieur et de comprendre la dépendance d’un pays aux capitaux étrangers.
Un déficit avec l’étranger qui dure veut dire que le pays consomme et investit plus qu’il ne produit. Il doit donc emprunter à l’étranger ou lui vendre des biens. Comprendre ces comptes aide à relativiser les chiffres du commerce et à voir si le pays dépend des capitaux étrangers.
Comment ça marche
- Le COMPTE DES TRANSACTIONS COURANTES comprend : les biens (balance commerciale), les services (tourisme, transport, services financiers, numériques), les revenus primaires (salaires, dividendes, intérêts reçus et versés) et les revenus secondaires (transferts, contributions au budget européen).
- Le COMPTE FINANCIER retrace les flux de capitaux : investissements directs (prise de contrôle d’entreprises), investissements de portefeuille (actions, obligations), prêts.
- Par construction, la balance est équilibrée : un déficit courant est financé par une entrée nette de capitaux (emprunts, ventes d’actifs).
- La POSITION EXTÉRIEURE est le stock : différence entre ce que les résidents possèdent à l’étranger et ce que les non-résidents possèdent dans le pays.
- Identité : solde courant = épargne nationale − investissement. Un pays qui épargne moins qu’il n’investit a un déficit extérieur.
- La partie « transactions courantes » regroupe : les biens (la balance commerciale), les services (tourisme, transport, finance, numérique), les revenus (salaires, dividendes, intérêts reçus et versés) et les transferts (aides, contributions au budget européen).
- La partie « financière » suit l’argent qui entre et sort : rachats d’entreprises, achats d’actions et d’obligations, prêts.
- Au total, les comptes s’équilibrent toujours : un déficit est financé par de l’argent venu de l’étranger (emprunts, ventes).
- La position extérieure, c’est le stock : ce que les résidents possèdent à l’étranger moins ce que les étrangers possèdent dans le pays.
- Une égalité à retenir : si un pays épargne moins qu’il n’investit, il a un déficit avec l’étranger.
Exemple concret
En 2025, la France vend moins de biens qu’elle n’en achète : déficit des biens. Mais ses services dégagent un excédent de 45,4 Md€, porté notamment par le tourisme, ce qui inclut les croissants vendus par Léa aux visiteurs étrangers, et le transport maritime. Au total, le déficit courant n’est « que » de 11,6 Md€. Il est financé par des achats de titres français, notamment de dette publique, par des investisseurs étrangers.
En 2025, la France achète plus de biens à l’étranger qu’elle n’en vend. Mais elle vend plus de services qu’elle n’en achète : 45,4 Md€ d’excédent, grâce notamment au tourisme (dont les croissants de Léa vendus aux visiteurs étrangers) et au transport maritime. Au total, le déficit n’est « que » de 11,6 Md€. Il est financé par des étrangers qui achètent des titres français, notamment de la dette de l’État.
Vocabulaire
- Balance des paiements : Document statistique qui enregistre toutes les transactions entre résidents et non-résidents pendant une période.
- Balance commerciale : Solde des exportations et importations de biens.
- Transactions courantes : Ensemble des échanges de biens, de services, de revenus et de transferts courants avec l’extérieur.
- Position extérieure : Stock net des avoirs et engagements financiers d’un pays vis-à-vis du reste du monde.
- Balance des paiements : Le relevé de toutes les opérations entre un pays et l’étranger sur une période.
- Balance commerciale : La différence entre les biens vendus à l’étranger et les biens achetés à l’étranger.
- Transactions courantes : Tous les échanges avec l’étranger : biens, services, revenus et transferts.
- Position extérieure : Ce que le pays possède à l’étranger moins ce que l’étranger possède dans le pays.
Les chiffres à connaître
- − 11,6 Md€ : solde des transactions courantes de la France en 2025 ; biens : − 58,0 Md€ ; services : + 45,4 Md€ ; facture énergétique : 44,2 Md€. Banque de France, rapport annuel 2025.
- − 69,2 Md€ : solde commercial en données douanières en 2025, en amélioration de 10 Md€ sur un an. Douanes, résultats annuels 2025.
- 56,1 % des titres de dette de l’État détenus par des non-résidents ; position extérieure nette d’environ − 30 % du PIB. Banque de France, rapport annuel 2025.
- − 11,6 Md€ : le déficit de la France avec l’étranger en 2025. Biens : − 58,0 Md€. Services : + 45,4 Md€. Énergie achetée : 44,2 Md€. Banque de France, rapport annuel 2025.
- − 69,2 Md€ : le déficit du commerce de biens selon les douanes en 2025, 10 Md€ de mieux qu’en 2024. Douanes, résultats annuels 2025.
- 56,1 % de la dette de l’État est détenue par des étrangers. La France doit à l’étranger environ 30 % de son PIB de plus qu’elle n’y possède. Banque de France, rapport annuel 2025.
Ce qu'en disent les économistes
Les mercantilistes (XVIe-XVIIe siècles) voyaient dans l’excédent commercial la source de la richesse, par l’accumulation d’or. David Hume (1752) leur répond par un mécanisme d’ajustement automatique : l’or qui entre fait monter les prix et réduit l’excédent. Les économistes modernes insistent sur l’identité épargne-investissement : le solde extérieur reflète d’abord des choix macroéconomiques internes.
Du XVIe au XVIIe siècle, les mercantilistes pensaient qu’un pays s’enrichit en vendant plus qu’il n’achète, pour accumuler de l’or. David Hume (1752) leur répond que l’or qui entre fait monter les prix et finit par réduire l’excédent. Les économistes d’aujourd’hui rappellent que le solde avec l’étranger dépend d’abord de ce que le pays épargne et investit chez lui.
Piège / à ne pas confondre
Le solde des douanes et celui de la balance des paiements diffèrent (− 69,2 Md€ contre − 58,0 Md€ en 2025) : conventions différentes sur la valorisation des importations, le négoce international et le champ couvert. Et un déficit extérieur n’est pas forcément mauvais : il peut financer des investissements productifs. C’est sa durée et son financement qui comptent.
Les douanes et la Banque de France ne donnent pas le même chiffre pour le commerce de biens (− 69,2 Md€ contre − 58,0 Md€ en 2025) : elles ne comptent pas tout à fait de la même manière. Et un déficit avec l’étranger n’est pas forcément grave : il peut servir à investir. Ce qui compte, c’est s’il dure et comment il est financé.
Pour anticiper
La facture énergétique pèse lourd dans le solde français : la flambée du pétrole de 2026 va le dégrader, même si les exportations aéronautiques rebondissent. Surveille aussi la part de la dette publique détenue par les non-résidents : plus elle est élevée, plus le coût de financement de l’État dépend de la confiance des investisseurs étrangers.
L’énergie pèse lourd dans les comptes de la France : la flambée du pétrole en 2026 va les dégrader, même si les ventes d’avions repartent. Surveille aussi la part de la dette de l’État détenue par des étrangers : plus elle est grande, plus le coût des emprunts dépend de leur confiance.
À retenir
Transactions courantes = biens + services + revenus primaires + revenus secondaires. Compte financier = financement. Solde courant = épargne − investissement. Position extérieure = stock.
Les comptes avec l’étranger regroupent biens, services, revenus et transferts. Un déficit doit être financé par de l’argent venu d’ailleurs. Il vient de ce que le pays épargne moins qu’il n’investit.