Le budget et le déficit public
Fil conducteur
Chaque automne, Léa entend parler du « projet de loi de finances ». Elle se demande pourquoi la France, contrairement à sa boulangerie, peut dépenser plus qu'elle ne gagne année après année.
En une phrase
Le DÉFICIT PUBLIC est l’écart entre les dépenses et les recettes de l’ensemble des administrations publiques sur une année ; il doit être financé par l’emprunt et s’ajoute à la dette.
Le déficit public, c’est quand les administrations publiques dépensent plus qu’elles ne gagnent sur une année. La différence est empruntée, et s’ajoute à la dette.
Pourquoi c'est important
La France n’a pas voté de budget en équilibre depuis 1974. Un déficit peut être utile en récession ou pour investir, mais un déficit permanent accroît la dette et la charge d’intérêts, et réduit les marges de manœuvre pour faire face aux crises futures. Le budget est aussi l’acte politique majeur de l’année.
La France n’a pas eu de budget à l’équilibre depuis 1974. Un déficit peut être utile en récession ou pour investir. Mais un déficit permanent fait grossir la dette et les intérêts, et laisse moins de marge pour affronter les crises. Le budget est aussi la grande décision politique de l’année.
Comment ça marche
- Le budget de l’État est voté chaque année dans la LOI DE FINANCES ; celui de la Sécurité sociale dans la loi de financement de la sécurité sociale ; les collectivités votent leurs propres budgets.
- Le déficit « au sens de Maastricht » porte sur l’ensemble des administrations publiques et se mesure en pourcentage du PIB.
- SOLDE PRIMAIRE : solde hors charge d’intérêts de la dette. Il montre si les dépenses courantes sont couvertes par les recettes.
- SOLDE STRUCTUREL : solde corrigé des effets de la conjoncture (et des mesures ponctuelles). Il montre l’effort réel, indépendamment du cycle : en récession, le déficit effectif grossit mécaniquement.
- Règles : référence européenne de 3 % du PIB ; la France est sous procédure pour déficit excessif depuis 2024. Le Haut Conseil des finances publiques évalue le réalisme des prévisions du gouvernement.
- Le budget de l’État est voté chaque année dans la « loi de finances ». Celui de la Sécurité sociale dans une loi à part. Les collectivités votent leur propre budget.
- Le déficit qu’on compare en Europe porte sur toutes les administrations publiques, en pourcentage du PIB.
- Le solde « primaire », c’est le solde sans compter les intérêts de la dette. Il dit si les dépenses du quotidien sont couvertes par les recettes.
- Le solde « structurel », c’est le solde corrigé de la conjoncture. En récession, le déficit grossit tout seul ; le solde structurel montre l’effort réel.
- Les règles : le repère européen est de 3 % du PIB. La France est sous surveillance européenne pour déficit trop élevé depuis 2024. Le Haut Conseil des finances publiques vérifie si les prévisions du gouvernement sont réalistes.
Exemple concret
En 2025, les administrations publiques ont dépensé 1 714,1 Md€ et perçu 1 561,6 Md€ : déficit de 152,5 Md€, soit 5,1 % du PIB. La charge d’intérêts atteint 64,7 Md€, en hausse de 11,2 % : sans elle, le déficit primaire serait d’environ 88 Md€. L’objectif de 5 % en 2026 a été repoussé à 2027, et 54 Md€ d’économies sont évoqués pour le budget 2027.
En 2025, les administrations publiques ont dépensé 1 714,1 Md€ et encaissé 1 561,6 Md€. Il manque 152,5 Md€, soit 5,1 % du PIB. Les intérêts de la dette coûtent 64,7 Md€, 11,2 % de plus qu’un an avant. Sans eux, il manquerait environ 88 Md€. L’objectif de revenir à 5 % en 2026 a été repoussé à 2027, et 54 Md€ d’économies sont évoqués pour le budget 2027.
Vocabulaire
- Loi de finances : Loi qui détermine chaque année la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’État.
- Déficit public : Besoin de financement de l’ensemble des administrations publiques sur une année.
- Solde structurel : Solde public corrigé des effets du cycle économique et des mesures exceptionnelles.
- Solde primaire : Solde public hors charge d’intérêts de la dette.
- Loi de finances : La loi qui fixe chaque année les recettes et les dépenses de l’État.
- Déficit public : Ce qu’il manque à l’ensemble des administrations publiques sur une année.
- Solde structurel : Le solde public corrigé des hauts et bas de l’économie et des mesures exceptionnelles.
- Solde primaire : Le solde public sans compter les intérêts de la dette.
Les chiffres à connaître
- 5,1 % du PIB : déficit public en 2025 (152,5 Md€), après 5,8 % en 2024. INSEE, mars 2026.
- 64,7 Md€ : charge d’intérêts des administrations publiques en 2025, + 11,2 % sur un an. INSEE, mars 2026.
- 1974 : dernière année où le budget de la France a été voté en équilibre. Cour des comptes.
- 5,1 % du PIB : le déficit public en 2025 (152,5 Md€), contre 5,8 % en 2024. INSEE, mars 2026.
- 64,7 Md€ : ce qu’ont coûté les intérêts de la dette en 2025, 11,2 % de plus qu’en 2024. INSEE, mars 2026.
- 1974 : la dernière fois que la France a voté un budget à l’équilibre. Cour des comptes.
Ce qu'en disent les économistes
Pour les classiques, le budget doit être équilibré, comme celui d’un ménage prudent. Keynes admet le déficit en récession, à condition de dégager des excédents en période de croissance, ce que la France n’a pas fait. Olivier Blanchard (2019) souligne que, quand le taux d’intérêt est inférieur à la croissance, la dette coûte peu ; quand il la dépasse, le déficit primaire devient dangereux.
Pour les classiques, l’État doit équilibrer son budget, comme un ménage prudent. Keynes accepte le déficit en récession, à condition de faire des excédents quand tout va bien, ce que la France n’a pas fait. Olivier Blanchard (2019) explique que, quand les taux sont plus bas que la croissance, la dette coûte peu ; quand ils sont plus hauts, le déficit devient dangereux.
Piège / à ne pas confondre
Déficit et dette ne sont pas la même chose : le déficit est un flux (ce qui manque cette année), la dette un stock (l’accumulation des déficits passés). Un déficit qui baisse signifie que la dette augmente moins vite, pas qu’elle diminue. Et le budget de l’État n’est qu’une partie des comptes publics.
Déficit et dette, ce n’est pas pareil. Le déficit, c’est ce qui manque cette année. La dette, c’est l’accumulation de tous les déficits passés. Un déficit qui baisse veut dire que la dette grossit moins vite, pas qu’elle baisse. Et le budget de l’État n’est qu’une partie des comptes publics.
Pour anticiper
Le calendrier : projet de loi de finances début octobre, vote avant la fin de l’année, premiers résultats de l’exécution en mars suivant (INSEE). Suis les avis du Haut Conseil des finances publiques et des agences de notation : une dégradation de la note ou un budget jugé irréaliste renchérit l’emprunt, comme l’ont montré les tensions sur les taux français en septembre 2026.
Le calendrier : le budget est présenté début octobre, voté avant la fin de l’année, et l’INSEE publie le résultat en mars suivant. Suis l’avis du Haut Conseil des finances publiques et des agences de notation : une note abaissée ou un budget jugé irréaliste fait monter le coût des emprunts, comme en septembre 2026.
À retenir
Déficit = dépenses − recettes des administrations publiques (flux). Solde primaire = hors intérêts ; structurel = hors conjoncture. Repère européen : 3 % du PIB. France : 5,1 % en 2025.
Le déficit, c’est ce qui manque chaque année. On peut le regarder sans les intérêts, ou sans l’effet de la conjoncture. Le repère européen est 3 % du PIB ; la France était à 5,1 % en 2025.